
Chez les juifs la seule charité gratuite est celle faite par un tiers Je donne à un messager qui ne me dit pas merci et qui ensuite donne à un nécessiteux que je ne connais pas et qui ne me connait. Le récipiendaire ne connait pas le nom de son bienfaiteur. Aucun remerciement n’est échangé.
Dans le film ‘La chambre Bleue’ de Mathieu Amalric(-Zand), Julien trompe sa femme avec une amie d’enfance. C”est pour lui une aventure sensuelle et seulement. Pour elle au contraire il s’agit d’amour.
Ce déséquilibre des sentiments n’est pas dit car Julien tient autant à sa femme qu’à cette liaison torride dans la chambre bleue.
Et lorsque par une entuilage de péripéties que je ne veux raconter (il faut voir ce film) le mari trompé meurt, peut être assassiné, puis la femme de Julien meurt empoisonnée; les deux amants sont envoyés, menottés, devant le juge.
Julien comprend très vite qu’il va subir une terrible injustice.
Julien est condamné à la perpétuité.
Sa maîtresse elle aussi écope de la perpétuité et marche, heureuse vers cette peine qui va glorifier et sanctifier son amour pour Julien : – tu vois Julien, ils n’ont pas réussi à nous séparer.
Julien repère la vraie coupable et pourtant il ne la dénonce pas, il ne se disculpe pas.
Il préfère la prison pour expier son adultère.
Première conclusion : les belles mères de nos liaisons existent et peuvent se révéler encore plus dangereuses que les mères de nos épouses !
Deuxième conclusion et elle est le propos du film : l’expiation de Julien est d’autant plus sublime qu’elle est gratuite car il paye par un tiers. Il paye pour un crime d’amour, mais pour l’amour non de celle que les jurés et le public croient.
Il paye pour sa femme, mais par sa maîtresse.
C’est beau, c’est un peu du Sweig.
Ça vaut 15/20 catégorie film français.
