nina-de-fuego-120x160-660x330Alicia, douze ans, est atteinte de leucémie inguérissable. Luis, son papa qui l’adore sans limite, est prêt à satisfaire un ultime caprice : une panoplie de fée avec le bâton magique ! Mais certains déguisements peuvent coûter très cher. Et Luis, prof au chômage désabusé, n’a pas cet argent. De son côté, Barbara est enfermée chez elle et bourrée de médicaments par son riche mari psychiatre, car elle est incontrôlable, sans limites. Et il y a Damian qui vient troubler le jeu, ce vieux prof de maths, qui sort d’un long séjour en prison et qui a justement eu à faire à Barbara. Damian et Luis vont se rencontrer…
Chaque personnage est pris dans les problématiques de l’emprise, de l’argent et du destin. Ils semblent glisser dans une prédestination tragique sans que rien nous aide à comprendre car, dans ce film, enfin, le spectateur est appelé à réfléchir. Chacun est beau. D’ailleurs tout est beau dans ce film léché, jusqu’à ce restaurant grec où se joue la scène acmé du drame.
Tout cela et bien d’autres choses font de La Niña del fuego l’un des films les plus surprenants, originaux et perturbants. C’est une tragi-comédie où l’on commence par rire, avant de se pétrifier dans une gène tendue et inconfortable. On assiste à un lent effondrement suicidaire de ces personnages sombres cependant que volontaires. On assiste surtout là aux débuts d’une carrière qui promet d’être aussi brillante qu’atypique.
Si vous n’avez pas vu le film, courrez le voir tant qu’il est encore dans les salles et arrêtez ici votre lecture car la suite ne peut éviter le spoiler.
Certains caractères psychiques sont articulés par une farouche auto détermination du statut de victime. Ces personnes qui ne se pensent que comme victime ne supporte pas la concurrence. Le sado masochisme ne s’accepte que dans l’alcôve de la dyade. Ils ne sont victimes que s’ils le sont seuls. Damien est de ceux là. Obsessionnel radical, il ne connaît qu’une vérité, la vérité mathématique, celle du deux plus deux font quatre. Il lui faudra découvrir que Barbara, hystérique poli scarifiée, est son agresseur ni fiable ni personnel, pour se libérer de son bourreau. A la fin de ce cycle d’expériences révélatrice, le prof retrouve son élève qui le terrorisait, et se joue enfin d’elle.


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