Les dieux ont doté Paolo Crocco d’un physique, d’une voix, de mains et d’un petit accent italien d’un sex-appeal irrésistible, tandis qu’ils l’ont également choisi pour incarner le rôle d’Ildebrando Biribò dans la pièce du regretté Emmanuel Vacca. Le résultat est tout simplement divin.
Emmanuel Vacca, qui nous a quittés trop tôt, était un artiste aux multiples facettes : acteur, auteur, mime, clown et conteur, une figure rare dans le théâtre. Après la pièce remarquée L’Ami, il a écrit Ildebrando Biribò ou un souffle à l’âme. Son texte, à la limite du délire, semble être l’émanation d’un auteur fasciné par un détail ou une anecdote quasi insignifiante. Pourtant, tout tourne autour de cet élément essentiel, porteur de sens et d’élévation. L’histoire d’Ildebrando Biribò raconte celle du souffleur de la première représentation mondiale de Cyrano de Bergerac au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Ce 28 décembre 1897, à la fin de la représentation, il fut retrouvé mort dans son trou.
Avec l’autorisation du Grand Manitou, Ildebrando Biribò ressuscite sur scène pour partager ses secrets : sa mort, sa vie, sa passion pour le théâtre. Seul en scène, il rend hommage à ces hommes de l’ombre, tout en étant, à travers eux, un témoignage d’amour pour le théâtre.
Le texte, louange vibrante au théâtre, est sublimé par la performance de Paolo Crocco (immense comédien), la collaboration artistique de Fabio Marra, les lumières de Luc Dégassart, et les costumes de Pauline Zurini et Bernadette Tisseau. Ensemble, ils rendent un hommage précis et respectueux au texte d’Emmanuel Vacca. La mise en scène est merveilleuse, onirique et soignée, et Paolo Crocco, au sein d’une scénographie inventive, livre une partition riche en poésie et en humour.
Une pièce essentielle à tout festivalier.
Le souffleur
Texte : Emmanuel Vacca
Mise en scène et interprétation : Paolo Crocco
Visuel Affiche


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