Si vous en aviez la possibilité, que diriez-vous à ceux qui sont partis ? Une histoire gaie et touchante à voir en famille ! Une réconciliation avec soi-même et ses proches.

José vide la maison familiale, mais les souvenirs avec sa mère Suzie remplissent encore bien les lieux. Soudain, José est troublé : sa mère lui apparait ! Débordante de facéties, de joie et de tendresse, elle tourbillonne autour de José. Sur fond d’humour, elle emporte son fils loin de sa peine.

La pièce est une comédie dramatique tout en finesse. La remémoration de cette relation qu’il, José, a eu avec sa mère, Suzy, nous traverse. Une histoire qui parle de et à tout un chacun. Savoir, se(re) trouver au-delà de la disparition. Un duo où lui, le fils, attend des réponses à son malaise d’enfant. A-t-il été aimé, a t-il été un enfant pour elle ? Le préféré ? Leur histoire s’inscrit dans le présent. Le dialogue tout en distance se saisit de la vie d’avant. Remodèle des malentendus.

La mise en scène, faite de rideaux qui tour à tour seront voilage, draps et envelopperont la mère, qui forment un jeu pour un cache-cache réussi.

Autant ce passé alourdi d’un côté, autant de l’autre, cette mère qui a perdu la mémoire apparaît légère, libérée d’une vie passée.

Cette façon de faire vivre l’absente (la mère) donne à entendre des questions jamais posées, des réponses décalées. Dans sa robe lilas, elle est cette femme, cette mère qu’elle a été pour son fils. Elle bondit et virevolte d’une histoire à l’autre. Décousue. Sa légèreté active la lourdeur du personnage du fils. Elle a perdu la mémoire.

Fait de ruptures, le dialogue est cette figure de deux vies dont chacun.e est détentrice d’une réalité.

Très beau contraste dans lequel l’absente est en pleine énergie d’un présent libéré, actualisé. Lui, bourru, veut la maitriser. Peine perdue. Elle a choisi de vivre. N’est-ce pas lui qui la fait présente dans ces souvenirs comme pour confirmer l’incompatibilité de leur relation passée ?

Tous les chiens sont roses dans cet univers où la maladie dégénérescente accable l’un et autorise l’autre à re-coloriser un passé proche. Tendre et poétique.


Auteur : Cédric Ingard

Mise en scène : Bruno Banon

Avec : Sylvie Fiora et Cédric Ingard

Vu le 4 juillet 2025 à Théâtre l’Essaïon, 5 rue Pierre au lard,75 004 Paris

À noter : Bruno Banon est à Avignon avec les spectacles : La force  du coquelicot ; Rallumer les lucioles, Laissez mon cheval libre, il Sait Oû Aller


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