Une immersion dans l’énergie vibrante et secrète des favelas de Recife, au Brésil : sur scène mêlant danse, théâtre, musique et cinéma, douze artistes issus directement de ces quartiers nous embarquent pour raconter leur quotidien, leurs luttes, leurs rêves et leur vitalité. Et c’est magnifique!
Le spectacle exceptionnel dépasse le simple cadre du spectacle : c’est une expérience collective, un acte de résistance et de célébration. Les corps des danseurs semblent jouer avec la mort autant qu’avec la vie, refusant l’invisibilité et incarnant toute la force du collectif face aux violences, discriminations ou menaces liées à la pauvreté et à l’exclusion. La scénographie, explosive (très !), accompagne une envie de faire vibrer, de faire entendre un cri de vie qui refuse l’oubli.

La création née d’improvisations puisées dans le vécu de ces artistes veut provoquer une rencontre intense avec le spectateur. Et l’inviter à voir autrement, à ressentir plutôt qu’à juger, à comprendre la complexité de ces zones souvent enfermées dans l’ombre.

La compagnie, également organisatrice du Festival International de Théâtre Action (FITA), travaille étroitement avec des quartiers éloignés ou marginalisés, parce que le théâtre doit être une plateforme d’échange et de lien social. L’idée est simple : toucher tous ceux qui se sentent étrangers à la culture, leur permettre de s’y reconnaître, de se réapproprier leur histoire, leur identité.

En définitive, cette création est une déclaration d’amour à la vie, un cri pour la résilience, une affirmation que l’art peut naître du chaos et ouvrir des chemins vers un vivre-ensemble plus juste. Elle ne raconte pas seulement une histoire, elle la fait vivre, la partage avec force et émotion, pour laisser une empreinte durable dans le cœur du public.
Création Cie Ophelia Théâtre (France) & O Grupo Pé No Chão (Brésil) au 11 Avignon. Crédit photos : Laurence Fragnol vu le 6 juillet 2025.

