Le metteur en scène, plasticien et acteur est décédé des suites d’une courte maladie le jeudi 31 juillet dans l’État de New York.

Une signature artistique reconnaissable entre tous
C’est une figure tutélaire du théâtre contemporain qui nous a quitté. Bob Wilson, metteur en scène américain aux mises en scène sculptées de silence et de lumière, est décédé ce jeudi à l’âge de 83 ans. Maître du temps suspendu, merveilleux esthète, Robert Wilson laisse derrière lui une œuvre qui a profondément marqué et bouleversé la scène théâtrale et lyrique, en particulier en France où il trouva un écho profond à ses visions épurées.

International
Né au Texas en 1941, Bob Wilson avait d’abord étudié l’architecture et la peinture avant de se tourner vers la scène ; cette origine formatrice qui irrigue toute son esthétique. Fondateur du mythique Byrd Hoffman School of Byrds à New York, il s’impose en 1976 avec Einstein on the Beach, opéra minimaliste coécrit avec Philip Glass, manifeste d’un théâtre lent, hypnotique, cérébral – et radicalement nouveau.

Mais c’est en France que Wilson trouve, peut-être, son deuxième foyer artistique. Dès les années 1980, les scènes françaises – notamment le Théâtre de l’Odéon, le Festival d’Avignon, le Théâtre du Châtelet et surtout le Théâtre de la Ville – lui offrent un écrin à la hauteur de ses ambitions. On se souvient de son Fables de La Fontaine à la Comédie-Française, vision onirique et visuellement somptueuse, ou encore de ses collaborations marquantes avec des institutions comme l’Opéra de Paris (Pelléas et Mélisande, Madame Butterfly) où la lumière devenait langage.

« Einstein on the beach » de Bob Wilson et Philip Glass
Ouvrir plutôt que raconter
Wilson transfigurait. Son théâtre ne cherchait à ouvrir un espace de contemplation, parfois déroutant, souvent saisissant. Son rapport au corps, à l’espace, au son instaurait un univers total, où l’œil était constamment sollicité comme une caméra intérieure.

Derrière la rigueur de la mise en scène, l’homme était plus discret sur sa vie privée, qu’il protégeait avec constance. Ouvertement homosexuel, très mal accepté par son père, Bob Wilson, étranger au militantisme woke, n’a jamais transformé son identité en manifeste ; elle transparaissait toutefois, discrètement, dans ses choix de textes, ses figures de l’altérité ou ses silences habités.

Watermill Center
En 1991, Bob Wilson fonde le Watermill Center sur le site d’un ancien laboratoire de la Western Union, dans l’East End de Long Island, à New York. Pensé dès l’origine comme un « laboratoire de création scénique », ce lieu unique accueille tout au long de l’année des résidences d’artistes, des programmes d’éducation culturelle, des expositions et des performances. Le centre abrite également une impressionnante collection d’œuvres d’art réunies par Wilson au fil des décennies.

Une trace indélébile
L’héritage de Bob Wilson est immense : une manière de faire théâtre sans raconter, de sculpter le temps, de peindre des silences. Il laisse une trace indélébile sur la scène française, qui l’a toujours accueilli comme l’un des siens.

« Einstein on the beach » de Bob Wilson et Philip Glass
Une vie dédiée
Robert Wilson a été avant tout occupé à ses créations artistiques, à ses projets au Watermill Center et à sa vision radicale du théâtre. La rubrique “personal life” de sa page Wikipedia indique : “For many years he was romantically involved with Andy de Groat, a dancer and choreographer with whom he collaborated in the 1970s”.


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