Un air de famille ? Un air connu, 1996,  où le rire est le premier ingrédient du film de Jean-Pierre Bacri et d’Agnès Jaoui. Rire encore est le parti pris choisi au théâtre. 

La comédie, mise en scène par Corinne Azzug, situe rire et ironie au cœur de cette famille un peu compliquée, il faut le dire, comme des ingrédients inhérents aux relations humaines. 

Les comédiens excellent dans la mise en tension de leur personnage et dans les interactions : chamaillerie, contentions quasi ancestraux, caricature de personnalités. Le jeu installe un rythme, les apparences tombent. La vérité de chacun.e devient nécessité familiale. Au fil des conversations, les êtres se révèlent plus attachants que leurs apparences. 

La famille et ses rituels sont au rendez-vous au café Père Tranquille, chez Henri. Un vendredi soir, Henry, Betty, sa sœur, attendent : leur mère, Philippe, leur frère et Yolande, sa femme. Comme dans un huis clos, les émotions émergent des histoires de l’un.e et de l’autre. Peu d’écoute entre eux, de la moquerie, des dialogues déjà connus « oui maman on sait déjà » fuse quand cette dernière raconte « quand tu étais petit … ». Apparaissent le tiraillement entre les deux frères, quelle est, de leurs deux histoires la plus sérieuse : avoir été brillant sur un plateau de télévision malgré un balbutiement (Philippe) ou être laissé pour compte par sa femme (Henri). Les mesquineries tombent, les diminutifs des prénoms – Riri pour Henri, Yoyo pour Yolande – cruels à entendre pour les personnages. Rires jaunes. 

La scène magistralement interprétée par Maud Plessis, dans le personnage de Yolande, s’imprègne des petitesses relationnelles pour faire exploser l’inattention aux goûts de l’autre.

Ses cadeaux d’anniversaire attristent. Fin des rires. Un personnage discret, Denis, le garçon de café, va  se révéler comme la personne clef pour remettre en jeu les relations. Dire la vérité ? Du moins en parler.

La magnifique mise en tension des relations, des enjeux relationnels entre égocentrisme et du sens de la famille font de ces thèmes connus une histoire excellemment percutante.

Est-ce que la sincérité est possible dans des relations contraintes notamment en famille ?


Un air de famille. Une pièce d’Agnès Jaoui et de Jean Pierre Bacri. Mise en scène Corinne Azzoug .Théâtre La divine comédie. Visuel affiche

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