CRIMINEL de Yann REUZEAU (Critique TLC)

Réservation par téléphone conseillée.

Dimanche 19 Novembre 2017 à 20H00

CRIMINEL
une pièce écrite et mise en scène par Yann Reuzeau
à la Manufacture des Abbesses

7 rue Veron, 75018 Paris
Tél : 01 42 33 42 03
représentation suivie d’un débat avec Yann Reuzeau
animé par Claude Eisenberg et David Rofé-Sarfati.

Argument :

Que Boris tue son père, c’était presque inéluctable. Mais que Camille, sa sœur adorée, frôle la mort cette même nuit, cela restera difficilement compréhensible. La justice a frappé, quinze ans ont passé, mais les hommes, eux, s’interrogent, se révoltent, se heurtent, encore et encore, sur ces quelques minutes qui ont tout changé. Et que faire du reste ?
La psychanalyse dans son appréhension des crimes déterminés par le surmoi a pour effet de les irréaliser. Du même coup la psychanalyse résout un dilemme de la théorie criminologique : en irréalisant le crime, elle ne déshumanise pas le criminel. On parlera du Parricide et de ce qui fait hiatus avec le meurtre du père, des trois pères freudiens et on se demandera avec le metteur en scène qu’en est-il de son travail de dé-réalisation pour le roi des crimes : le parricide.

La réservation peut se faire en envoyant à mon cabinet David Rofé Sarfati, 17 rue Paul Bert, 94700 Maisons Alfort, un chèque à l’ordre du MANUFACTURE DES ABBESSES de 15 euros par place en précisant votre email pour confirmation.

La réservation peut se faire aussi en appelant le theatre pour un payement par carte bleue en indiquant L’AutreScène pour profiter du tarif.

Cette soirée se terminera autour d’un verre et d’un buffet offerts par La Manufacture !

 

Critique TLC

 

Une pièce d’auteur. 

Yann Reuzeau signe sa première pièce comme auteur/metteur en scène en 2000 : La Secte, un drame sur la foi et la sexualité. En 2006, Débutantes explore les nouvelles formes de prostitutions. En 2008 Monsieur le Président, il signe une comédie sur le pouvoir et en 2009 Puissants & Miséreux, un diptyque sur la place de l’argent dans notre société. En 2011, il crée Chute d’une nation, une série théâtrale  épique et politique. Au même moment, il crée De l’Ambition, un drame sur l’adolescence. Puis en 2014 Mécanique Instable (Prix Théâtre de la Fondation Charles Oulmont), une épopée de la vie d’une entreprise se transformant en SCOP. Aujourd’hui il crée Criminel sur le parricide. L’écriture est directe, dépouillée. La force du texte est dans ce qui ressemble à une hésitation de l’auteur qui ne dit rien de sa conviction, rien non plus d’une opinion ou d’un biais qu’il voudrait défendre. Le matériel est là dont nous nous emparons pour chacun à sa façon et individuellement, élaborer quelque chose d’une prise de position qui se révèle impossible. Le décor et la scénographie ajoutent à l’effet d’encerclement du texte.  Les feed-back, les retours des souvenirs sous forme de rêves et donc de contingences accompagnent l’écriture circulaire de cette épopée familiale. Reuzeau fait œuvre donc et son geste est rendu possible par le brio de l’interprétation. Frédéric Andrau nous communique sa soif jamais rassasiée de savoir tout du meurtre.  Morgan Perez est le parricide, inoubliable dans sa vibration contenue.  Blanche Veisberg, interprète le personnage MacGuffin de l’intrigue, périphérique cependant qu’essentiel d’une femme amoureuse, mais courageuse; elle s’en tire avec une création à proximité tandis que déréalisée et Sophie Vonlanthe, au rôle impossible de la sœur victime collatérale du parricide, parvient à interpréter la vitalité ambiguë et l’humanité blessée du personnage.

Une pièce sur le trauma.

La force de la pièce réside dans la retenue de l’auteur et de ce qui nous apparaît par le truchement de cet effacement. Boris tue son père dans un processus inéluctable. Camille, sa sœur adorée, frôle la mort cette même nuit. La séquence interroge et reste incompréhensible. Alexis, l’époux de Camille ne renonce à comprendre et tandis que la justice des hommes passe sur Boris, les protagonistes continuent à se débattre face aux silences, aux questions sans réponse et au traumatisme comme autant de crimes invisibles. La pièce a l’intelligence de la psyché humaine, car elle donne à voir comment l’expérience traumatique nous refuse le souvenir alors qu’elle nous oblige dans le même temps aux ruminations mentales. Yann Reuzeau par l’astuce géniale de la victime supplémentaire montre comment un sentiment de culpabilité irradie et contamine chacun des personnages tout en offrant à chacun d’eux une sortie de secours.

Texte et mise scène : Yann Reuzeau

Avec  Frédéric Andrau, Morgan Perez, Blanche Veisberg, Sophie Vonlanthe

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s