Samedi 9 Juin à 20H30 Psychosis 4:48 de Sarah Kane, au Théâtre Studio de Christian Benedetti à Alfortville.


448C’est la seule pièce contemporaine que j’aurais voulu écrire. C’est révolutionnaire. (
Edward BOND)

Pour moi se dessine une ligne claire qui part de Blasted, en passant par Phaedra’s love, pour aboutir à Cleansed, Crave et cette dernière pièce. 
Où est-ce que ça va ensuite, je ne sais pas trop. (Sarah KANE, novembre 1998)

Réservation:

Le prix de la place soit de 12€ pour les personnes du collectif (au lieu de 20€ en tarif plein). Les réservations pourront se faire par téléphone ou sur l’adresse reservation@theatre-studio.com.

ou ici

A l’issue de la représentation (durée de la pièce 1H10) la rencontre avec l’équipe sera animée par David Rofé Sarfati. 

 

Avant Propos:

Projetée au-devant de la scène londonienne par le scandale de sa première pièce, Anéantis, à l’origine d’un renouveau du théâtre sur la scène culturelle anglaise1, elle écrivit cinq œuvres entre 1994 et 1999, date de son suicide, peu après avoir terminé la rédaction de 4.48 Psychose. Le texte de cette dernière pièce est un quasi soliloque d’un sujet pour qui tout désir s’est éteint, confronté à la douleur d’exister, à la discordance d’une « conscience internée dans une carcasse étrangère »2 et qui atteint un bien dire d’exception pour en faire le témoignage. Son œuvre est également une illustration remarquable d’un sujet en proie avec un amour mort. C’est ainsi que Lacan dans son SéminaireLes psychoses pouvait qualifier la relation amoureuse du psychotique, cette relation nécessitant habituellement « une hétérogénéité radicale de l’Autre »3, Autre « où l’être se réalise dans l’aveu de la parole »4 et qui fait l’objet d’une exclusion dans la psychose.

L’œuvre de Sarah Kane peut être lue dans sa continuité comme la lente désagrégation de cet Autre. L’amour y est toujours au centre. Anéantis, Un amour de Phèdre, Purifiés, les trois premières pièces sont des variations mettant en scène des sujets s’affrontant par le dialogue dans une tentative de s’aimer qui ne peut se conclure que par la mort. La quatrième, Manque, met en scène quatre
personnages, uniquement identifiés par des lettres, qui parlent, mais l’adresse de leur parole n’est plus aisément identifiable. Ce processus atteint son acmé dans 4.48 Psychose où le personnage, hospitalisé, et annonçant qu’il va mettre fin à ses jours, n’a plus pour Autre, à quelques occasions, qu’un médecin avec qui le dialogue ne saurait produire un quelconque apaisement de son expérience radicale du désespoir et de l’angoisse. Les phrases se succèdent, discontinues, courtes, souvent énigmatiques. Un texte exceptionnel de justesse. Une leçon à écouter.

Chronique:

Dernier texte de Sarah Kane, Psychose 4.48 est l’ultime tissage d’une oeuvre littéraire tout à fait unique. Sarah Kane se définissait comme une artiste occupée par l’exploration d’une forme théâtrale inédite. Elle écrit 4.48 Psychose sous dépression et sous médicaments. La pièce sera son manifeste testamentaire. La dramaturge anglaise l’écrit en 1999 avant de se pendre, à 28 ans, dans l’hôpital psychiatrique où elle est internée.

Le texte est d’une beauté inouïe par son intensité. La langue varie entre naturaliste, poésie et mystére. La pièce est dérangeante car elle est tout à la fois une note de suicide et un hurlement de douleur sans concession. Elle est aussi la parole de la psychose lorsque celle-ci sait affronter sans voile la réalité. Elle est aussi un manifeste pour l’amour.

Homélie à la vie

Au début des années 2000, Christian Benedetti découvre, favorisé par Edward Bond, l’auteure anglaise qu’il décrit comme une femme très douce passionnée par la création théâtrale, et qui exigeait l’attention des autres. Benedetti crée le 5 novembre 2001 la toute première adaptation francaise de l’oeuvre aux 24 fragments. On se souvient aussi en 2002, de l’adaptation de Claude Régy avec Isabelle Huppert.

Le retour aujourd’hui de Christian Benedetti sur ce texte continue de fabriquer une référence dans l’écriture du personnage. Il adapte le texte sur un versant d’une fausse distanciation et de l’amour. Héléne Viviès joue la soif d’amour et l’impossibilité d’aimer. Elle joue aussi la joie de dire et de comprendre. La comédienne est étonnante dans une performance où la virtuosité se fait oublier au profit d’un respect et du texte et de ses intentions. Ce texte retrouve grâce à elle l’intensité d’une prière.

Les changements de rythme et la pureté du verbe le transforment en un texte quasi-sacré, une homélie à la vie. Viviès parvient à restituer et l’inclinaison suicidaire de la malade et l’absurde solitude du psychiatre. Elle sait aussi crier l’envie radicale d’amour de Sarah Kane. Son geste apporte au texte sa véritable dimension, une réflexion méfiante et en même temps romanesque sur l’amour. Parfois une passion embrase l’individu à le détruire. Héléne Viviès alias Sarah Kane est traversée par une passion désenchantée pour la vie.

C’est épatant. A ne pas rater.

(Copyright David Rofé Sarfati pour TLC)

 

Venir au Théâtre :

Studio Théâtre
16 rue Marcelin Berthelot 94140 Alfortville
En métro : Ligne 8, Station École Vétérinaire, Maison-Alfort (puis à pied ou bus 103 Deuxieme arrêt Charles de Gaulle et on y est).
En bus : 103, 125, 325 & 24
À vélo : accès rapide, agréable et avec peu de circulation…
En Autolib : Alfortville / Charles de Gaulle

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