Samedi 23 Mars Ystéria de Gérard Watkins au Théâtre de la Tempête Cartoucherie de Vincennes

Samedi 23 Mars 2019, 20h30
, La Tempête, salle Copi.

Ysteria

Texte, mise en scène et scénographie Gérard Watkins.

Parler de l’hystérie, c’est aussi retracer l’interminable histoire du sexisme. Sur ce thème, Gérard Watkins crée un spectacle- performance qui agit mieux que n’importe quel électro-choc.

 

Dossier de Presse : Vieille affaire que celle de l’hystérie : du trouble ovarien selon Platon aux sorcières face à leurs inquisiteurs du Moyen Âge, jusqu’aux grandes leçons de Charcot à la Salpêtrière et aux Études sur l’hystérie de Freud et Breuer en 1895, cette affection – réputée féminine – fait énigme et a, de tout temps, constitué un défi au savoir – traditionnellement masculin – qu’il soit religieux, juridique ou médical. Mais qu’entend-on par ce terme ? Des atteintes corporelles (soudaine cécité, paralysie…), des troubles de l’humeur (rires, pleurs), de la mémoire, de la parole (aphasie, volubilité), convulsions, histrionisme… Aucun symptôme ne peut être dit typique. Toutefois Freud l’a posé définitivement: «l’hystérique souffre de réminiscences». Mais aussi, l’hystérie instaure un mode de relation qui, par l’esquive ou la provocation, bouleverse le confort des savoirs, conteste l’ordre des familles et des services. «Moyen suprême d’expression» selon André Breton, l’hystérie, engageant le corps, rend manifeste qu’il y a lieu sans cesse de créer, d’inventer, de désirer : elle est un « bastion de résistance au bonheur masculin… en langage poétique ». Dans l’esprit de recherche et d’écriture des Scènes de violences conjugales, Gérard Watkins propose une « étude» qui à la fois parcourt les conceptions passées et aborde la question des formes que prend aujourd’hui l’hystérie.

Nous nous sommes retrouvés en janvier 2016 et avons lancé et exploré toutes les pistes possibles. Les leçons de Charcot, les livres de Georges Didi-Hubermann et ceux de Freud et Breuer ont été précieux pour nos improvisations scéniques. C’était passionnant mais il nous manquait encore cruellement de précisions et de justesse quant à la définition même du mot. Comme si l’histoire nous le rendait flou. J’eus l’idée alors de faire venir une professionnelle, Lisa Ouss- Ryngaert, médecin pédopsychiatre de l’hôpital Necker, pour animer une masterclass et surtout nous inspirer. Lisa Ouss- Ryngaert a su nous rassurer sur le caractère inexact de la science médicale et a ouvert notre imagination de manière compassionnelle, en nous décrivant des malades d’aujourd’hui, dans un contexte qui est le nôtre. C’est une des premières questions qu’on me pose, quand je parle du projet. Ça existe encore ? Comme si l’hystérie avait été irrémédiablement liée aux « leçons du mardi » à la Salpêtrière. Dans les milieux familiaux, autant que hospitaliers, l’hystérique rend tout le monde impatient, irascible et suspect. Car l’hystérie se transforme, joue au chat et à la souris avec celui qui veut la traquer et la définir. Cette notion a tout de suite rendu le patient théâtralement désirable et les élèves se sont empres- sés d’improviser, de trouver leurs malades.

Nous nous étions divisés en deux groupes, ceux qui devaient trouver leurs médecins et ceux qui devaient trouver leurs malades. Les médecins devaient avoir une faille, une moti- vation et une méthode propre. Nous avons alors entrepris une série d’improvisations thérapeutiques : les médecins devaient trouver la cause ou l’origine du trauma ou du refoulement qui avait donné corps aux conversions et aux états hypnoïdes. Les patients devaient eux trouver dans le corps, la forme de la conversion, et les symptômes annexes. Le cahier des charges des improvisations était imposant et, en peu de temps, nous sommes arrivés à des résultats impressionnants. Une des méthodes employées était la suggestion. Cet art-là nous a semblé indispensable à nos recherches, ou du moins à l’élégance de nos jeux de ques- tions-réponses. Petit à petit, une forme d’analyse à vue, un peu comme si des patients d’un film de Depardon s’étaient retrouvés sur scène, s’est mise en place, et nous avons établi une sorte de conférence publique, qui mélangeait les analyses, les crises de conversions, et une tentative d’expli- cation scientifique. C’est cette forme qui m’a convaincu que j’allais continuer mes recherches, et que j’écrirai un jour Ysteria.

 

Représentation suivie d’un débat avec Gérard Watkins, auteur et metteur en scène et Sarah Stern, psychanalyste. Débat animé par David Rofé-Sarfati.

Informations Pratiques : Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, Route du champ de manoeuvre Vincennes. Métro station Château de Vincennes puis prendre la navette Cartoucherie en face de la sortie n°6 Bois de Vincennes. Tarif préférentiel de 16 € en réservant au nom de L’autre scène au 01 43 28 36 36.

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s