Entre deux pièces de théâtre à Avignon, s’offrir une parenthèse musicale au milieu du OFF d’Avignon.
Brel
Nous nous attendions à beaucoup de profondeur : les chansons sensibles, jamais mièvres, les éclairages en noir et blanc, l’homme en habit noir qui se balance en une étrange gestuelle de grand oiseau, la présence intense, la voix envoutante et légèrement rauque qui parfois se perd sur une note, un vers ; le Live ouvre l’accès à un aspect insoupçonné du « personnage » : le comique, l’autodérision, la complicité instantanée tissée avec le public qui se met à fredonner avec le chanteur en un grand moment de communion.
Barbara
Le Trio passe de l’incroyable énergie de Brel au fragile et brisé murmure de Barbara ?
Le premier spectacle Lou casa, barbara & brel est construit en trois parties avec un choix de chansons traitant d’histoires d’amants, d’amis disparus et des chansons plus engagées. La relation de Brel et Barbara, leur étrange amitié amoureuse parcourt le spectacle avec des extraits d’interviews, des conversations enregistrées, des lectures de « Il était un piano noir … Mémoires interrompus » de Barbara, l’évocation du film de Jacques Brel, « Franz ». Lou Casa se révèle solaire, intense, incroyablement vivant, drôle, caustique, et nous offre ses magistrales réappropriations de ces deux monstres sacrés de la chanson française. Des chansons plus méconnues, des pépites du répertoire sont remises en lumière dans une ambiance intimiste de cabaret, on pourrait se croire revenus au temps de l’Ecluse.
Les arrangements sont contemporains, innovants, les chansons en sont toutes rajeunies. Un piano, un synthétiseur, une guitare basse, parfois jouée à l’archer et des percussions donnent des sonorités rock, jazz, tango. L’émotion nous happe, nous sommes suspendus aux sons, aux gestes, à la voix, en apnée.
L’autre spectacle, « Une histoire d’amours » s’articule autour des huit sortes d’amour, que Lou Casa va décliner dans un song-trip autobiographique. Lou Casa n’y est pas tendre avec les hommes d’avant #MeToo qui en prennent gentiment pour leurs grades.
Le comique, le second degré et la dérision sont encore plus présents avec des interprétations magnifiques, parfois hilarantes, comme la chanson de Julio Iglesias « Vous les femmes », un titre de Maggy Bolle, du Johnny, du Barbara encore etc.
S’y dessine le portrait de l’homme nouveau, avec son humilité, ses failles, l’ouverture à sa féminité, celui qui ne se prend pas au sérieux, capable de s’ouvrir à une autre manière d’être père.
Il nous fait découvrir ses compositions personnelles inédites, des chansons d’une tendresse infinie, d’une extrême délicatesse avec de belles trouvailles poétiques, neuves et comme évidentes, « tâches de douceur », « grains de bonté », des chansons dédiées à sa fille.
Le trio a joué à guichet fermé à la Philharmonie de Paris, à l’Opéra de Strasbourg, au Café de la Danse, au Théâtre National de Nice et ses prestations ont été vivement saluées par les médias.
Les albums du Trio ne peuvent nous laisser soupçonner les délicieuses facéties auxquelles se livrent les trois complices : Julien Aellion, Marc Casa et Stéphane Gasquet, il faut se précipiter aux concerts !
Lou Casa attend son public à la sortie, discute, sourit dans une étonnante proximité, fraternité et bienveillance. Une fois, rencontrés, il n’est plus possible de les quitter. Nous les retrouverons avec bonheur, à Paris, au Bal Blomet en novembre 2024.
Deux concerts spectacles se jouent cette année en alternance, du 3 au 21 juillet à 17:00 (durée 1h15) au Théâtre de l’arrache-cœur – 13-15, rue du 58ème Régiment d’Infanterie – 84000 Avignon
Lou casa, barbara & brel, les jours impairs et Lou Casa « Une histoire d’amours », les jours pairs. Spectacles de Marc Casa, avec Marc Casa (chant, percussions, textes), Julien Aellion (basse, chœurs), Stéphane Gasquet (orgue, piano, percussions)
Arrangements : Marc Casa, Julien Aellion et Stéphane Gasquet Mise en scène : Marc Casa. Création lumière : Nicolas Roger


Laisser un commentaire