Géraldine Martineau continue ses études du féminisme. Cette fois, elle a écrit une biographie toute personnelle de Sarah Bernhardt pour une pièce-spectacle chantante et joyeuse. Elle s’y essaye à l’humour. Et c’est à nouveau réussi.


En 2018, au Studio-Théâtre de la Comédie-Française, elle mettait en scène La Petite Sirène. En février 2023, devenue entretemps pensionnaire de la Comédie-Française, Géraldine Martineau, s’intéressait à un autre parcours d’émancipation féminine. Elle créait un chef-d’œuvre :  La Dame de la mer de Henrik Ibsen.

Pour l’Ibsen, Géraldine Martineau avait imaginé une scénographie organique vaporeuse, tout en miroitements d’où émanaient les imaginaires et où se dissolvaient à l’air libre les inconscients.

La metteuse en scène qui y jouait aussi le rôle titre (En Ellida, elle était envoûtante) impressionnait par sa subtile analyse psychologique et par son intelligence littéraire.

Sarah Bernhardt n’est pas un personnage de fiction. Sarah Bernhardt fut une personne plurielle, diverse, ambiguë et complexe. Géraldine Martineau attrape la célèbre comédienne du côté de son caractère espiègle et rebelle, et sous son trait de militante féministe. Elle choisit de la conceptualiser sans l’essentialiser. Elle a écrit une biographie comme un manifeste, en ligne de mire : le bonheur de la scène. Sarah Bernhardt devient une égérie du féminisme, moderne et contemporaine et sacrément attachante. Le rire en bonus.


La vie de la première star internationale, celle qu’on nomma la divine, le monstre sacré, la voix d’or, l’impératrice du théâtre, la scandaleuse fut une vie d’extravagance, d’humour, avec un engagement sans faille, portée par sa devise, « Quand même ! ».

Avec dix comédiens, 35 personnages, Géraldine Martineau a construit une ode à la liberté, une apologie du spectacle populaire. La metteuse en scène est exigeante, elle maitrise l’adresse au public, le rythme, le chant et la danse. Elle sait émouvoir, édifier, enchanter.

Et elle réussit son casting. Il y a Estelle Meyer, comédienne, compositrice, autrice, interprète, celle qui incarne Sarah Bernhardt est incandescente, espiègle, chaleureuse, meurtrie, humaine. Surnaturelle aussi. Le reste de la troupe finit de construire un moment inoubliable de théâtre. Mention particulière à Marie-Christine Letort et à Adrien Melin.

L’expérience est celle d’un spectacle joyeux, vertueux et esthétique, certifié par la puissance artistique de Géraldine Martineau.


L’EXTRAORDINAIRE DESTINÉE DE SARAH BERNHARDT

TEXTE ET MISE EN SCÈNE GÉRALDINE MARTINEAU AVEC ESTELLE MEYER, MARIE-CHRISTINE LETORT, ISABELLE GARDIEN, PRISCILLA BESCOND, BLANCHE LELEU, SYLVAIN DIEUAIDE, ANTOINE CHOLET, ADRIEN MELIN, FLORENCE HENNEQUIN ET BASTIEN DOLLINGER. COLLABORATION ARTISTIQUE SYLVAIN DIEUAIDE SCÉNOGRAPHIE SALMA BORDES. CRÉATION COSTUMES CINDY LOMBARDI CRÉATION LUMIÈRE/VIDÉO BERTRAND COUDERC CHORÉGRAPHE CAROLINE MARCADÉ PERRUQUIÈRE JUDITH SCOTTO. COMPOSITION MUSICALE SIMON DALMAIS ET ESTELLE MEYER CRÉATION SONORE ANTOINE REIBRE. ASSISTANTE M.E.S. ELIZABETH CALLEO

Au Théâtre du Palais Royal, du 27 août au 31 Décembre 2024

Crédit photo  © Fabienne Rappeneau, vu le 2 aout 2024

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