Une fois encore, la salle principale du Poche Montparnasse se transforme en un grand théâtre parisien et nous offre, mis en scène par la directrice des lieux, un Shakespeare drolatique que l’auteur lui-même ne désapprouverait pas.

Une intrigue onirique et drôle.

La comédie de Shakespeare est l’histoire d’une rédemption, d’un pardon, d’une abdication ; elle est aussi et surtout une chronique de la victoire de l’amour.

Prospero règne en magicien tyrannique sur l’île déserte où il a été exilé. Sa fille Miranda rêve d’amour et s’ennuie. Caliban, monstre indigène, ne supporte plus les tortures de son maître. Même Ariel, esprit parfait et aérien, attend impatiemment la fin de son contrat.

Chacun rêve de liberté.

Nous sommes de l’étoffe dont nos rêves sont faits

Lorsqu’un jour, l’ennemi apparaît à l’horizon, Prospero, fou de vengeance, déclenche une tempête magique. Il réclame justice sous la forme d’un conte magique où Ariel sera le bienveillant génie et Caliban le cruel intriguant. À la fin de l’intrigue, Prospero pardonne à ses trois ennemis.

Un récit sur l’ambivalence

 La dernière pièce écrite par Shakespeare (1610) est le fruit d’un amalgame, d’une récapitulation de son œuvre. Il y déploie les ambiguïtés de l’âme humaine. Prospero réclame justice, mais non vengeance. Il veut que sa plainte soit entendue et que réparation et dédommagements lui soient donnés. Le mariage de Miranda sera son unique résilience.

« Oh, si tu pouvais voir les choses comme moi ! ».

Selon Stéphanie Tesson, « La Tempête » est construite en tableaux successifs qui enchevêtrent trois mondes en situation : le monde spirituel de l’île, le monde de la politique et le monde charnel de l’Amour, du désir et du sentiment, que personnifient Miranda et Ferdinand.

La metteuse en scène, qui interprète de façon remarquable Prospero 1Entre le 17 septembre et le 3 novembre, le rôle de Prospero sera tenu par Stéphanie TESSON, en attendant le retour de Pierre VAL, en convalescence après une jambe cassée. ajoute à ces troubles celui du genre. Jean Dudant joue Miranda, mais aussi Alonso, Roi de Naples.

Le hiatus insaisissable entre plaisanterie et parodie, entre rêve et réalité est riche de cette désorientation.

La pièce est montée de manière vraie et épurée. Pas de décor, pas d’effets, mais seulement l’histoire et les mots de Shakespeare. Le choix de la simplicité, offre par ce dépouillement un immense pouvoir de suggestion. La part belle donnée au texte et par le texte aux comédiens crée la farce. Et le plaisir solide du spectateur.


La Tempête De William SHAKESPEARE
Traduction et mise en scène Stéphanie TESSON
Assistante à la mise en scène : Elsa GOULLEY
Avec Pierre VAL (Prospero / Gonzalo / Trinculo),
Marguerite DANGUY DES DÉSERTS (Ariel),
Jean DUDANT (Miranda / Alonso, Roi de Naples),
Quentin KELBERINE (Caliban / Antonio, Duc de Milan),
Aurélien PALMER (Ferdinand, fils d’Alonso / Sebastian, frère d’Alonso /
Stefano, sommelier d’Alonso) et la voix de Gérard BONNET (le Capitaine)
Arrangements musicaux : Emmanuelle HUTEAU (d’après Henry PURCELL) –
Clarinette et interprétation des chansons : Emmanuelle HUTEAU – Accordéon
et sons : Olivier DEPOIX – Création lumière : Alireza KISHIPOUR – Création
sonore : Antonin BENSAÏD – Peinture du ciel : Nicolas SIRE – Maquillages et
Costumes : Jéhane CHAUSSONNERY – Assistant technique : Cédric GUIBERT

vu le 19 septembre 2024 au Poche Montparnasse.

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    Entre le 17 septembre et le 3 novembre, le rôle de Prospero sera tenu par Stéphanie TESSON, en attendant le retour de Pierre VAL, en convalescence après une jambe cassée.

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