Une session de rattrapage pour ceux qui n’ont pas encore vu la pièce que nous avions beaucoup étudiée et discutée.
Lalalangue connaitra une ultime reprise du 14 avril au 27 mai, au Théâtre du Chariot.

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La « Lalalangue » est un néologisme créé par le psychanalyste Jacques Lacan pour désigner le dictionnaire familial. La lalalangue est un ensemble de mots qui ne possèdent de sens que pour une famille donnée. Frédérique Voruz a consacré de nombreuses années à des consultations auprès d’une psychanalyste lacanienne. Cette expérience a donné naissance à un spectacle, dont le texte a été conçu par Frédérique Voruz.
L’argument de cette pièce pourrait être la thèse selon laquelle il n’est jamais trop tard pour avoir eu une enfance heureuse. Cette aporie pourrait être considérée comme l’argument central de la pièce. La comédienne nous raconte son enfance rythmée par des diapositives familiales authentiques. Le spectacle s’apparente à une forme de mise en scène de l’intimité, où le public, tel un ami curieux, se trouve invité à contempler des photographies de mariage et de vacances de la famille de l’artiste. Cependant, l’intrigue s’éveille rapidement, captivant l’auditoire, car Frédérique Voruz se présente comme une protagoniste de premier plan. Elle tient le journal de ses séances passées de psychanalyse et affronte la réalité au-delà des facilités et des conventions. Son parcours s’inscrit dans une perspective familiale, ancrée dans l’histoire de sa mère. Son enfance, marquée par la présence d’une mère autoritaire et la perte de l’usage de sa jambe gauche suite à un accident de montagne, a laissé des séquelles profondes. Frédérique Voruz, qui a perdu son père à un âge précoce, a développé une relation complexe avec sa mère, celle-ci exprimant, alors qu’elle se trouvait à l’hôpital après l’accident, son désir de vengeance à l’encontre de ses enfants. L’intrigue se conclut par une réconciliation entre cette figure maternelle et sa fille, marquée par une émotion profonde. Au cours de cette trajectoire, les protagonistes ont traversé une enfance et une adolescence éprouvantes, marquées par des traumatismes. La comédienne, débordant d’énergie et de vitalité, a mené une enquête approfondie sur un fait divers s’étendant sur deux décennies, mettant en lumière la maltraitance éducative d’une fratrie baignant dans un environnement familial psychiquement instable. Avec une rigueur méthodique, elle dévoile, chapitre après chapitre, les éléments constitutifs des chefs d’accusation, mettant en exergue la figure centrale d’une mère unijambiste.
Cette affaire, qui s’inscrit dans une perspective tragique, est une illustration de la manière dont le destin d’une famille peut être irrémédiablement scellé, sous le regard impassible d’une figure divine, souvent perçue comme un modèle de miséricorde. Par ailleurs, cette œuvre se présente comme une défense de la psychanalyse, une thérapie qui, selon l’auteur, permettrait de comprendre la complexité des êtres et des situations.
Les psychanalystes, par ailleurs, pourraient s’interroger sur la nature de la pièce, s’il s’agit d’une séance qui n’a jamais eu lieu, ou d’une œuvre qui se joue de la psychanalyse.


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