La pièce sous la forme d’un seul en scène brûlant explore l’hypothèse d’un Moïse égyptien, figure troublante à la tête d’un peuple d’esclaves. À travers cette relecture historique et spirituelle, le spectacle propose une réflexion percutante sur le pouvoir, la foi, l’héritage, et revient en filigrane sur le thème juif de la transmission.
La troupe Les Cousins d’Arnolphe présente une nouvelle création théâtrale après leurs succès Gustave Eiffel en fer et contre tous et Le Radeau de la Méduse. La pièce s’intitule Pharaon – Akhenaton le Maudit, écrite et interprétée par Alexandre Delimoges, mise en scène par Robert Kiener.
L’auteur et interprète Alexandre Delimoges y livre une performance saisissante, portée par une érudition rare et une présence scénique remarquable. Le geste est une messe. Il nous fait revivre dans un moment de vénération la dernière heure du règne du pharaon Akhenaton.
Nous sommes invités à redécouvrir les grandes heures de l’Égypte ancienne, en suivant le destin singulier du pharaon Akhenaton, souvent considéré comme un souverain maudit.

À seulement 13 ans, Amenhotep IV, héritier d’une prestigieuse lignée de pharaons, monte sur le trône d’Égypte. Très vite, une révélation bouleverse son destin : il affirme entendre la voix d’un dieu unique, Aton, représenté par le disque solaire — une figure spirituelle inédite, aux allures de précurseur du Dieu monothéiste moderne. Porté par cette vision radicale, le jeune pharaon remet en cause tout le panthéon égyptien, dominé depuis des siècles par le puissant dieu Amon au clergé gangrené par la corruption. En défiant cet ordre établi, Amenhotep IV prend un nouveau nom : Akhenaton. Le combat contre le clergé s’intensifie, et l’Égypte sombre dans une guerre idéologique et religieuse sans précédent.
La figure d’Akhenaton divise encore. Charlatan, visionnaire ou prophète maudit ? Est-il le père du Moise des hébreux ?
Freud croyait en un modèle singulier pour comprendre l’antisémite : la haine d’Akhenaton et de Moïse, opérant de l’injonction au renoncement qu’ils imposèrent à la masse compacte.
À voir absolument pour les passionnés d’égyptologie, de mysticisme et d’histoire des religions.
Mise en scène : Robert Kiener
Avec : Alexandre Delimoges
Costumes : Jef Castaing
Musique et Son : Clément Duval
Production : Les Cousins d’Arnolphe
vu le 20 mai au Lucernaire Paris

