De quoi est fait un héros ? La pièce parle de l’engagement en politique et de la sacralisation mémorielle de l’histoire. Au cœur de tout ça, la figure de Jean Moulin, à la fois dans son époque et dans sa trace pour l’éternité.
Cinq corps en tension illustrent le conflit autour des récits transmis, choisis ou imposés, mettant en lumière la construction du héros, le poids des mythes et les silences de l’Histoire officielle. La force de la pièce réside dans sa capacité à impliquer le spectateur. Le plateau se transforme en un espace de rencontre entre mémoire et oubli, à la pliure entre l’individu et la nation. La pièce allie habilement poésie, réflexion, émotion et humour (beaucoup !). La mise en scène, épurée, sert efficacement le texte, permettant aux mots de captiver. Et derrière les mots, il y a les enjeux, pour hier, pour aujourd’hui et pour demain.

Mathieu Touzé (sa récente création pour Les Bonnes de Genet fut une célébration théâtrale) crée une atmosphère à la fois intime et universelle où les comédiens consacrent leur talent. La troupe nous transporte dans le temps, au cœur d’un réel. Un réel pluriel et ambigu, donc édifiant. Thomas Dutay impressionne en un Jean Moulin aussi complexe qu’authentique, ceci servant cela.

« Que son nom demeure » est une réflexion sensible, puissante et vivante. La pièce est une formidable proposition pour le festivalier.
Mathieu Touzé, texte et mise en scène ; avec Thomas DUTAY, Léo GARDY, Manon GUILLUY , Pauline LE MEUR, Elie MONTANE. Rebecca MEYER – Création son. Estelle DENIAUD – Scénographie. Yuming HEY – Collaboration artistique. Loris PEREZ – Création son. Vu le 19 juin, à la Concorde, Paris.


