Je m’appelle Bérénice, reine Juive de Palestine. Je suis de tous les lieux et de tous les âges. J’ai d’autres noms, d’autres visages, mais c’est toujours la même histoire…

Une femme seule en scène raconte le drame amoureux, moral et politique de Bérénice. 

Une voix, un chant. Sont aussi convoqués la jeunesse, l’amour, le bonheur.

Le texte est magnifié par une diction ciselée d’autant que les personnages Titus, Antiochus naissent sous nos yeux. La comédienne s’adresse à ses absents dont l’intensité s’entend dans les alexandrins. La mise en scène donne à voir des espaces dans lesquels vit l’un Antiochus, l’autre bout de scène est l’espace de Titus. La réponse de Bérénice laisse entendre les voix des hommes imaginés.

« Je m’appelle Bérénice. On dit que je suis reine de Palestine. Peu importe, je suis de tous les lieux … » telle s’annonce Bérénice. Nous l’entendons d’une femme devant le choix d’amour et aussi d’un lieu, de tous les lieux de la terre.

Qui aimer ? Que dire pour sauvegarder le sentiment amoureux alors que la réalité s’oppose à cette émotion.

Titus, l’être aimé et inatteignable. Il est destiné au mariage avec Domitie.

Antiochus , le prince amoureux de Bérénice exerce un pouvoir qui exacerbe les sentiments.

La plainte est chant, la morale, l’amour  et le jeu politique font mauvais ménage.

Bérénice capitule-t-elle ? Mélopée et rythme nous enveloppent, nous bercent, nostalgiques.

Elle fait vivre ses sentiments. Dramatique et mélancolique, l’impasse nous est infligée.

Aimer, être aimée….le chant transperce le dilemme vital de Bérénice.

Partir ou plutôt s’exiler serait atténuer la souffrance ?

Déchirure d’une relation ou préserver l’amour ….ne rien abîmer à la pureté. Nous l’aimons cette Bérénice sous le dôme de la chapelle de l’oratoire.

Comme fiévreuse cette voix ouvre un lieu où les mots existent. Douleur de l’amour, choix libéré ?

Aimer ne s’invente-t-il pas, est-il le fruit du mouvement de la pensée ?

À ecouter et à penser avec Nadia Lang durant tout le festival


Racine (en français), comédienne, metteure en scène Lang, compagnie du geste. Vu le 10 juillet, visuel Affiche.

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