L’histoire d’une femme pratiquant l’interruption « volontaire », dans les années 1940-1942, ouvre à une réalité peu glorieuse des relations humaines à l’issue tragique.
Désarroi de femmes, dénonciation, attirance financière (cupidité) sont les ingrédients de cette histoire où le romantisme amoureux n’a pas d’avenir. Aucun ange à l’horizon.
Interrompre une grossesse désirée mais empêchée par l’incertitude d’un moment de guerre ou bien faire disparaitre l’enfant du ventre de sa mère, né d’une relation avec soldat-ennemi est le mouvement du spectacle. Il conduit à l’impensable.
Avorter signifie dans ce contexte des années quarante transgresser l’interdit fixé par la loi. Le commissaire mène l’enquête. Apparemment, dispositif classique d’une affaire de mœurs pour ce dernier.
En réalité, ce sont des relations humaines chamboulées faites de règlement de compte qui viennent nous bouleverser.
Pour les protagonistes du drame, l’appât du gain est sans limite. Entre rendre service à des femmes qui souhaitent avorter et exploiter la manne financière qui en découle se joue l’exploitation d’un filon peu glorieux.
La mort s’affiche comme seule réalité.
La scène est faiseuse de deux mortes.
Loin de la légalisation du droit à l’IVG (1974), des moyens de contraception , le spectacle ancre avec délicatesse l’histoire de femmes dépassées par leur corps. Seules, le plus souvent, tangue pour ces femmes, le désir de laisser vivre la promesse d’un enfantet celui de vivre dans un rude quotidien.
Temps de rationnement. Temps de réduction des projets. La mise en scène souligne cet acte qu’est l’avortement. Ne nous épargne guère sur la souffrance du corps et vitale faite à l’histoire de chaque femme.
Les dialogues affichent sans masque la position du personnage qui pratique l’avortement et celle d’un dénonciateur.
Excellents jeux des comédiens et des comédiennes, puissance du texte, et l’absence d’état d’âme qui s’installe peu à peumatérialisent une banalité d’un geste, de paroles jusqu’au moment où la mort n’est plus menace mais réalité.
Beau travail d’une mise en abîme d’une réalité contemporaine.
De Sophie Jolis
du 5 au 26 juillet relâche les 6, 13, 20 juillet
A 16h15 durée 1h05
ESPACE SAINT MARTIAL
Aurélien Houver – Mise en scène
Laetitia Ayrès – Interprétation
Sophie Jolis – Interprétation
Guillaume Nocture – Interprétation
Julia Salaün – Interprétation
Guillaume Ménard – Composition
Samuel Giuranna – Scénographie
Alain Hubert – Création lumière
Axel Bourrée – Graphisme
Guillaume Ménard – Musique

