Dans J’aurais toujours 14 ans, Sheila O’Connor nous offre bien plus qu’un simple retour sur adolescence : elle met en scène, avec une audace lumineuse, le récit autobiographique d’un âge-charnière, celui où les rêves s’esquissent et les douleurs s’installent. À travers une scénographie vive et fluide, ce spectacle oscille entre tendresse, énergie, humour et lucidité.

Sur scène, deux figures : Sheila O’Connor elle-même, et son double de jeunesse, incarné avec fraîcheur par la jeune comédienne Bertille Mirallie. Ensemble, elles rejouent l’année des quatorze ans de Pénélope, cette adolescente qui, en 1980, devient l’amie de Vic dans La Boum… et entame surtout un chemin de vie artistique.
Dès la première scène — une séquence de danse sur fond de musique d’époque — le ton est donné : la joie, l’urgence de vivre, l’insouciance adolescente, mais aussi une époque, ses couleurs, son énergie. Ce fil musical revient tout au long du spectacle, marquant des élans, des ruptures, comme une respiration de liberté.
Mais ce n’est pas qu’un souvenir enjolivé. Sheila O’Connor ne nous épargne ni les dures réalités des années sida, ni les difficultés sociales d’une jeunesse modeste rêvant de cinéma. Le petit appartement aux allures vintage — table en formica, douche dépliable — devient le décor d’un quotidien fait de petits boulots, de vols, de solitude et de détermination. Un monde dans lequel l’on rêve de lumière tout en affrontant l’ombre.
Le jeu des deux actrices est admirablement accordé. Ensemble, elles tracent le portrait d’une jeune fille rebelle, énergique, éprise de liberté, amoureuse, vivante. Ce dialogue entre passé et présent, entre Pénélope et Sheila, entre l’adolescente et la femme devenue actrice, scénariste, écrivaine, donne toute sa puissance émotionnelle au spectacle. Le temps s’entrelace, le théâtre devient mémoire vivante.
Avec J’aurais toujours 14 ans, Sheila O’Connor signe un spectacle joyeux, éclatant, profondément humain, où la sincérité biographique ne se fait jamais pesante.
De Sheila O’Connor
Philippe Calvario – Mise en scène
Bertille Mirallié – Interprétation
Sheila O’Connor – Interprétation
Joan Payet – Collaboration artistique
Roland Fontaine – Scénographie
Christian Pinaud – Création lumière
Delphine Poiraud – Costumes
Christian Kiappe – Création son
Hugo Givort – Vidéo
Daniel Rouland – Production
Scènes et Cie – Diffusion
Tom Peyrony – Régie
Visuel affiche
Vu le 17 juillet à l’ Essaïon Avignon



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