Ah, les réunions de famille… rien de tel pour se rappeler pourquoi on vit loin des siens !
Funérailles d’Hiver de Hanokh Levin s’annonce comme un véritable bijou théâtral, une farce tragique aussi savoureuse qu’originale. Le dramaturge et poète israélien, maître de l’humour Juif, sait écrire la distanciation comique. Il sait déploier un humour existentiel cinglant mêlé d’une tendresse charnelle pour ses personnages.

Choix cornélien en version feydeau
Le dramaturge expert en tragédies hilarantes, propulse ici une famille dysfonctionnelle dans un sprint absurde entre cercueils et dragées.
La veille du mariage de Vélvétsia, sa grand‑mère meurt. Son fils, Latshek Bobitshek, avait promis un bel enterrement en présence de toute la famille. Il se lance donc, en pleine nuit, dans une course-poursuite effrénée pour annoncer la nouvelle à la future mariée et à sa famille, déjà concentrée sur la cérémonie avec force préparatifs
La famille refuse de reporter le mariage, ils partent donc en fuite, entraînant Latshek dans un parcours absurde à travers des lieux aussi variés que délirants.
La pièce est l’histoire de cette fuite.
Chacun y va de son égoïsme bien huilé. Démarre une guerre civile miniature, version buffet froid. Entre ceux qui veulent une cérémonie digne (avec mouchoirs en dentelle) et ceux qui veulent sauver la pièce montée, ça s’écharpe sec.

la Cie Aitvaras raconte le règlement de comptes de salon. Ici, masques grotesques, marionnettes tragiques, jazz manouche endiablé et drapés envahissant transforment le tout en un opéra givré. On pense à Feydeau mais sous acide .
Une scénographie chatoyante
La mise en scène d’Arno Léon ne recule devant rien : dans les draps les personnages s’enlisent. On ne sait plus si on est au cimetière, à la mairie ou dans un rêve mais parfois d’horreur.
Les comédiens (avec une grande précision) naviguent dans cette tempête de pathétique avec un engagement total. Entre cris de désespoir, envolées lyriques sur les tombes et valse burlesque, ils nous rappellent que le ridicule ne tue pas… mais sait nous faire sacrément rire.

Un spectacle aigre doux
Funérailles d’Hiver, c’est drôle, cruel, et étrangement familier. On rit parce que c’est grotesque, mais on grimace parce que c’est vrai. S’expose sur le plateau la satire de nos obsessions modernes : paraître, posséder.
Le tout est servi par une équipe de jeunes talents qui manient le grotesque avec un naturel désarmant. Tandis que le jazz manouche live ajoute sa touche absolument savoureuse.
Funérailles d’Hiver est à voir afin de ne pas oublier qu’il vaut mieux ne rien prendre au sérieux.

De Hanokh Levin
équipe artistique
Arno LEON – Mise en scène
Victor BREDA – Interprétation
Lise GILLET – Interprétation
Arno LEON – Interprétation
Anthony RODRIGUEZ – Interprétation
Estelle RUFFIN – Interprétation
Thibault SCHREVELLE – Interprétation
Yanis CHARVET – Création lumière
Caroline BERTHOD 0682286361 – Diffusion
Sandra VOLLANT – Presse
Noémie SCHREVELLE – Conception

