Un seul en scène sur la maladie mentale artistique, intelligent et édifiant. Olivier Desbordes nous offre une pièce formidable à partir du texte contemporain de Claude-Alain Planchon défendu brillamment par un comédien inoubliable, Mickael Winum.


Dans l’Amérique des années 70, Caspar jeune schizophrène est enfermé dans un hospice pour probablement y être lobotomisé. Il ressent le besoin de prendre la parole. Sa nécessité à dire est vitale. Il doit raconter son intime, son chemin de vie, son meurtre, sa chute, sa douleur, mais aussi sa clairvoyance.

Car Caspar n’est pas dupe.

Il nous parle, dans une adresse au public incandescente, au-delà d’un quatrième mur hermétique. Nous sommes encollés à ses mots et à son corps qu’il contrôle et torture. Nous rêvons de nous précipiter à sa rencontre. Il parle également à son infirmier avec qui il va tisser un rapport privilégié et ambivalent.

Cet infirmier existe-t-il vraiment ?

Le décor fuyant sublime l’édifice artistique. Le comédien Mickael Winum est prodigieux. Son infirmier, interprété avec finesse par Jean-Paul Sermadiras figure le hors champ d’une opinion collective bien inquiète devant ce fou plein de raison. Austère, en blouse blanche, il accompagne l’interné dans son voyage vers le silence, vers une lobotomisation, une chaise électrique destinée au cerveau afin que cessent les revendications de désirs non assouvis. Afin que se taise celui dont la loi commune ne veut rien savoir.

Nous ne sortons pas indemne de cette performance applaudie copieusement. A la chapelle des italiens jusqu’au 26 juillet.


CASPAR ou l’anatomie d’un fou de Claude-Alain Planchon.Mise en scène
Olivier Desbordes.Avec Mickaël Winum et Jean-Paul Sermadiras. Lumières / Création vidéo Clément Chébli. Costumes et accessoires Patrice Gouron. Crédit Photos Yann Audino.durée : 1h10. vu en janvier 2025 à la Manufacture des Abesses


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