Au théâtre de la Flèche, jusqu’au 11 décembre, entre humour, espièglerie et désillusion, la performance émouvante de Pauline Caupenne, mise en scène par Grégoire Leprince-Ringuet, fait vibrer la complexité de rencontres authentiques et de réflexions profondes sur la condition féminine.

L’Inde initiatique
Une implication magnifique des personnages, rencontrés en Inde lors de son voyage initiatique, ainsi qu’un humour et une espièglerie ponctuent ce seule-en-scène merveilleusement interprété par Pauline Caupenne (Le dernier jour du jeûne, Adieu monsieur Haffmann). La comédienne incarne avec brio et sincérité une série de personnages, virevoltant avec souplesse, du rôle de mère inquiète pour sa fille à celui d’un agent artistique peu scrupuleux. Sa performance virevoltante et authentique donne vie à cette narration riche en émotions.
C’est l’histoire de cette jeune fille partie en Inde pour vivre dans un autre monde : le sien ?
Le point de départ est le yoga et la révérence aux bouddhas, qui alimentent cette envie profonde de changer d’horizon. Incité par une recherche de sens loin de Paris et de sa famille d’origine espagnole, son voyage exotique se prête au fantasme.

L’Inde de ses rêves…
S’improvisant comédienne, danseuse, elle est embarquée dans la réalisation de spots publicitaires, d’un film sans fin. Le sujet du film (une femme qui tente d’attirer l’attention d’un homme indifférent à ces stratégies séductrices) soulève la question du traitement de la femme en Inde. Seule, dans l’impossibilité de partager ses aventures artistiques, le personnage de Poline Michka (nom de scène indien) ne rejoint pas les rêves indiens si intensément imaginés. Désenchantement.
La question de la place souvent ignorée des femmes suscite une réflexion sur l’acceptation de la diversité des choix humains, notamment à travers la découverte des castes. Au fil de son voyage, elle rencontre une femme pauvre vendant des cobras ainsi qu’un enfant de huit ans tenant une ombrelle, dont le regard émerveillé s’écarquille. La véritable vie, éloignée de ses préoccupations personnelles, se dévoile alors dans toute sa complexité, profondément différente de ses illusions initiales à la recherche de sens.
Dans cette mise en scène, où apparaît une femme se baignant dans le Gange, tel un soap aux accents mélodramatiques et sentimentaux, le sens profond de la vie, tant recherché par Pauline, s’actualise. Un voile rose et une chanson d’Édith Piaf dévoilent la dure réalité sociale des femmes, témoignent d’une désillusion poignante. Ce spectacle, à la fois joyeux et introspectif, retrace le parcours d’une jeunesse en quête d’authenticité, confrontée au hiatus entre convictions et réalité du monde.
Sous une apparence ludique se dévoile la maturité éclatante d’une jeune femme qui, au fil de l’histoire, se révèle à la vie.
Texte et jeu : Pauline Caupenne. Mise en scène : Grégoire Leprince-Ringuet. Chorégraphie : Georgia Ives. Visuel Affiche Crédit photo © Yves Poey


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