Le Théâtre de la Concorde se positionne comme un lieu de « respiration et de réflexion citoyenne », utilisant l’art pour interroger les grands enjeux de l’époque, notamment les crises de la parole et de la démocratie. La directrice, Elsa Boublil, insiste sur la volonté de « résister à la simplification », de « faire entendre les silences et les silencieux », et de faire de chaque spectacle un « acte de résistance démocratique ».

Une grande partie de l’offre (80%) est gratuite, soulignant un engagement fort envers l’accessibilité.

Programmation Thématique (Premier Trimestre 2026) : Chaque mois est dédié à une thématique spécifique pour éclairer l’actualité :

  • Janvier : « L’abus de pouvoir » – Explore comment l’autorité peut basculer dans l’emprise, dans les institutions comme dans la vie intime.
  • Février : « L’ignorance en démocratie » – Examine la vulnérabilité de la démocratie face à l’ignorance, la manipulation et la polarisation.
  • Mars : « Les grand·es oublié·es de la démocratie » – Met en lumière les voix et les histoires marginalisées, affirmant que la démocratie n’est réelle que lorsqu’elle inclut tous les individus.

La programmation s’articule autour de plusieurs axes majeurs. Les « Procès fictifs » constituent un format signature, mélangeant théâtre et droit pour créer un « laboratoire civique » où experts, artistes et témoins débattent de questions de société, avec le public comme jury. Parmi les exemples cités, on trouve le « Procès de la Conscience » et le « Procès de Poutine ».

Dès 2026, le théâtre met en place un important soutien à la création avec plusieurs (co)-créations originales.

« Bérénice », mis en scène par Anne Kessler, est la première œuvre entièrement conçue et produite en interne.

S’y ajoutent également :

« Forcenés », une adaptation du texte de Philippe Bordas mise en scène par Jacques Vincey, présentant une traversée physique et poétique du cyclisme. Sur scène, un acteur-cycliste, Léo Gardy, pédale sans relâche, tandis qu’images, sons et lumière composent une partition dans laquelle l’effort devient matière dramatique.

« Notre histoire (se répète) » de Jana Klein et Stéphane Schoukroun, coproduction Théâtre de la Concorde tentent de remonter (de répéter) un spectacle créé en 2020, qui racontait leur rencontre – elle, Allemande ; lui, Juif séfarade – et les secousses historiques qui traversent leur couple mixte. Mais le 7 octobre. L’actualité, la montée des tensions identitaires et la circulation des récits contradictoires ont brouillé les repères qui structuraient leur histoire. Une traversée sensible où l’amour, la transmission et le doute composent un terrain mouvant, à la fois profondément personnel et ouvert vers le monde.

Des ateliers gratuits variés (stand-up, slam, danse, poésie) sont proposés, et le Théâtre de la Concorde s’appuie sur de nombreuses collaborations avec des associations (Belleville Citoyenne, Safe Place, Artaxe, Fake Off, Dixlesic & Co) pour promouvoir la participation citoyenne, le développement de l’esprit critique et l’expression artistique.

Enfin, la programmation est complétée par des concerts et des événements spéciaux, incluant des concerts pédagogiques, des rencontres avec des personnalités (intellectuels, chercheurs, artistes), des hommages (comme celui à François Mitterrand), et des projections de films documentaires (FIPADOC). Parmi ces événements, la « REVUE K LIVE » qui explore la situation des Juifs en Europe à travers un format hybride.

Accessibilité : L’offre est pensée pour être largement accessible : ateliers et rencontres sont gratuits et ouverts à toutes et tous, et les spectacles sont gratuits pour les moins de 18 ans et à 8 € pour les moins de 26 ans.

En somme, le Théâtre de la Concorde, 1 rue Gabriel, Paris 8, s’affirme comme un lieu particulièrement dynamique et engagé, déployant avec un enthousiasme manifeste une riche variété de formats artistiques et interactifs.

Son objectif est de stimuler la réflexion, d’encourager le débat et de renforcer la participation civique face aux défis contemporains de la démocratie. On découvrira toutefois l’ancien syndicaliste communiste Philippe Martinez membre du bureau d’orientation ; une information qui interpelle par son caractère inattendu. Une « poule ayant trouvé un couteau », qui n’entamera la vitalité générale du projet.

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