Au théâtre de l’Oeuvre tous les mardis du 20 janvier au 31 mars 2026
Victor Hugo rencontre le rap français sans que ni l’un ni l’autre n’en sortent abîmés. Un spectacle porté par le talent plastique exceptionnel d’un comédien qui fait du grand écart esthétique sa force.
Un équilibre parfait entre deux univers qu’on croyait inconciliables
Faire dialoguer Victor Hugo et le rap français : le pari semblait risqué. Comment éviter la caricature ? Comment ne pas transformer Hugo en rappeur de pacotille ? Comment ne pas récupérer le hip-hop à coups de punchlines faciles ? Victor Hugoat N°1 du rap français réussit ce miracle d’équilibre. Le spectacle honore avec la même exigence les alexandrins hugoliens et les flows du rap français.
L’exploit tient d’abord à l’écriture. Le texte ne cherche pas à « moderniser » Hugo en le simplifiant. Il ne fossilise pas non plus le rap dans des références convenues. Au contraire, il met en lumière ce qui fait la grandeur des deux. La puissance de l’image. Le rythme comme vecteur d’émotion. L’engagement politique et social. La capacité à dire le peuple et ses souffrances.
Barthélemy Héran est un artiste à suivre.
Cette double fidélité trouve son incarnation dans le jeu du comédien. Nous assistons à un véritable tour de force plastique. Le corps et la voix sont soumis au récit. La présence physique est d’une précision stupéfiante. Les transitions entre un poème de Hugo et un couplet de rap conscient sont magiques.
Ce talent plastique permet des glissements imperceptibles. La performance est fluide, autant que pétillante. Viennent des moments où l’on ne sait plus si l’on écoute du XIXe ou du XXIe siècle. Ou l’on ne sait plus si nous sommes face à un poète exilé ou à un MC de banlieue. C’est là que réside la force du geste.
Victor Hugoat N°1 du rap français une célébration lucide et drole de deux arts de la parole qui se font écho à travers les siècles. Un spectacle vertueux qui rend justice à ses deux héritages sans en abîmer aucun.
Une pièce de Barthélemy HERAN et Grégoire de CHAVANES avec Barthélemy HERAN, Mise en scène Grégoire de CHAVANES


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