A la Scala Paris les 11, 12, 18 et 19 février à 21h15 4, 5, 12, 19 et 26 mars à 21h15 2 et 9 avril à 21h15
Comment retrouver foi en l’humanité lorsqu’on a trente ans ? Xavier Guelfi tente avec humour de redonner espoir à une génération désenchantée dans un seul-en-scène bien mené et touchant.
Il y a, dans ce seul-en-scène, l’innocence volontaire d’un homme qui refuse la pente du cynisme. Xavier Guelfi part d’un décor humble — un extracteur, quelques légumes, une machine à laver pour monter une entreprise plus vaste : ré-enchanter l’avenir et redonner foi en l’humanité. Cette ambition irrigue tout le spectacle et le sauve du simple numéro d’optimisme bon enfant.
Sur scène, Guelfi joue l’équation fragile entre poésie et naïveté. Son ton d’adolescent émerveillé — parfois aux lisières de l’absurde — impose un mélange de charme et de risque : on rit, on sourit, on s’émeut, mais la démarche frôle à l’occasion la facilité morale. C’est précisément ce déséquilibre, entre la crudité des interrogations existentielles et une fantaisie assumée , qui fait la singularité du spectacle. La langue est travaillée, la musicalité du texte perceptible, et l’écriture oscille entre le burlesque et la tendresse — on sent l’influence des grands clowns verbaux que cite l’auteur
La mise en scène de François Rollin offre un cadre juste : ni démonstrative ni minimaliste, elle laisse place à la respiration comique et à la rêverie. Guelfi campe tour à tour le Pierrot idéaliste, le grand gamin et l’enquêteur de nos démons modernes, avec un naturel qui gagne l’attention. Les références — de Bergman à Devos — nourrissent le propos sans l’alourdir
Quelques réserves toutefois : la naïveté revendiquée tourne parfois à la grandiloquence post‑adolescente et ceux qui demandent une réflexion politique radicale resteront sur leur faim. Mais si le but est d’offrir une soirée rafraîchissante, optimiste et inventive, le pari est rempli.
En bref : un spectacle généreux, à mi-chemin entre poésie burlesque et plaidoyer optimiste — perfectible, mais touchant et souvent drôle. À voir pour se laisser convaincre, au moins le temps d’une heure, que la bonté reste possible.
À ne pas manquer.
De et avec Xavier Guelfi. Mise en scène François Rollin. Avec la participation de Thomas VDB. Collaboration Juliette Bayi. Création Lumière Quentin Maudet. Scénographie Laura Thavenot. Spectacle créé au théâtre La Flèche. vu à la Scala le 15 octobre 2024. Crédit photo DR



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