Psicofonía, Silences d’Espagne : Faustine Noguès face aux fantômes du franquisme                           

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Seule en scène, casque sur les oreilles du public, Faustine Noguès remonte le fil d’une amnésie familiale jusqu’aux fosses communes de l’Espagne franquiste. Un spectacle sonore, sobre et bouleversant, sur ce que le silence transmet malgré lui.

Psicofonía, Silences d’Espagne

Des sons et une voix pour guider le récit d’histoires dans l’Espagne franquiste.

Avec délicatesse, Faustine Noguès, seule en scène, nous accompagne dans la découverte des voix. Que disent-elles pour avoir créé l’oubli, une mémoire anesthésiée ?

Où sont-ils ces acteurs et ces actrices d’une vie, républicains et franquistes, enterrés dans un silence ?

Les bruits et les recherches d’ossements, d’histoires amplifiés dans les écouteurs que nous avons ; attentives nos oreilles captent les bruissements. Écouter le murmure, se sentir proche des fantômes qui révèlent le poids du silence, le spectacle nous entraîne dans l’épaisseur des histoires.

Revenir aux sources du malaise transmis par les arrière-grands-parents, telle est la quête de cette jeune femme. Oui, il s’agit bien de questionner les bruits dans les tuyaux, chercher des mots et lier ces fragments. Se souvenir et sentir cette colère venue de si loin.

Proche d’une Antigone et présente pour recoudre un tissu distendu, structure, le spectacle touche un univers sensible et maîtrisé.

Vivre à nouveau ici ou là, déplacé ou être resté au pays, blessé par une histoire plus grande que la sienne, est l’enjeu de trajets de vie à chaque fois interrogé.

L’amnistie prononcée en octobre 1977 signe d’un coup de blanc un passé si proche.

Avec un brin d’humour et avec un accent grave, Faustine convoque les traumatismes d’une génération à l’autre.

Parler pour suturer ces bouts d’histoires recouverts de silence, écouter pour entendre les bruits intérieurs d’une mémoire qui s’est absentée.

Spectacle profond, sobriété au service d’une histoire de guerre et de ses effets, mené avec brio par une comédienne, soutenue par des ombres et des lumières poignantes.


Texte, mise en scène et jeu : Faustine Noguès Création sonore, composition : Colombine Jacquemont Regard extérieur / dramaturgie : Joséphine Supe Création lumière : Willy Cessa Production : Compagnie Madie Bergson Coproduction : Théâtre de la Cité Internationale, Espace Marcel Carné – Saint-Michel-sur-Orge, l’Archipel à Fouesnant, Théâtre d’Aurillac, Théâtre de Noisy-le-Grand Préachats : Odyssud – Blagnac, Théâtre Jacques Carat – Cachan, Théâtre André Malraux – Chevilly-Larue Soutiens : Institut Français d’Espagne, Ambassade de France en Espagne, Ville de Paris, Ville de Madrid, Residencia de Estudiantes de Madrid

Théâtre des Halles, Avignon — Compagnie Madie Bergson

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