« Une affaire turque » (Hüseyin Aydin Gürsoy, 2026) — de l’excommunication comme structure

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Hüseyin Aydin Gürsoy a francisé son prénom à vingt et un ans pour que son nom cesse de fermer des portes. Il a fait de ce geste autobiographique la matrice de son premier film sous la forme d’un thriller politique. Le polar permet de dire beaucoup de l’ordre du symptôme collectif. Le film est magnifique. Lionel Erdogan, Charles Berling, Lubna Azabal y sont formidables.

Une ethnographie du cercle fermé

Mustafa Duman est devenu Mathieu. Il a gravi les étages d’un cabinet parisien, appris les codes, lissé son accent ,archivé son histoire. Et voilà que sa sœur le rappelle, pour une affaire de justice qui est aussi, et d’abord, une affaire de dette.

Ce que le film documente, presque malgré son intrigue judiciaire, c’est la texture d’une communauté qui fonctionne en système clos à l’endogamie forte. Un dedans et un dehors nettement tracés, une économie psychique ou la dette est un cadeau et l’honneur un idéal du moi. Mathieu n’a pas quitté sa communauté par indifférence ; il a fui une place. Or c’est précisément ce type de fuite que le groupe ne pardonne pas, parce qu’elle met à nu ce que le groupe préfère taire : que l’appartenance est une astreinte.

L’excommunication comme dispositif

Il y a un mot pour cela chez Lacan : l’excommunication. Non pas simplement l’exclusion, mais un acte de discours qui statue qu’un sujet n’appartient plus au corps qui l’a nommé, qui le nommait.

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