« 4.48 Psychose, Ouvrez les rideaux, s’il vous plaît.”. Sarah Kane.
Plus de vingt ans après sa création en France, 4.48 Psychose renaît. 4.48 Psychose n’est pas seulement la dernière pièce de Sarah Kane : c’est un texte écrit dans l’imminence de sa propre mort. Sarah Kane s’est suicidée le 20 février 1999, dix-sept mois avant que cette pièce ne soit créée, à titre posthume, au Royal Court Theatre de Londres. Le titre viendrait, selon son ami l’auteur David Greig, de l’heure — 4h48 du matin — à laquelle Kane se réveillait, avec une lucidité terrible, au plus noir de ses épisodes dépressifs.
Le texte ne comporte ni personnages nommés, ni didascalies, ni décor : vingt-quatre fragments qui font alterner dialogue clinique, confession et embrasement poétique, jusqu’à faire du langage lui-même l’espace où se rejoue la dissociation psychique. On y entend, entre autres motifs, ce compte à rebours psychiatrique bien connu des cliniciens — soustraire 7 depuis 100 — comme une tentative désespérée de rester arrimé au réel. Le critique du Guardian, Michael Billington, avait posé la question qui résume tout le malaise et toute la puissance de cette œuvre : comment juger esthétiquement ce qui se lit aussi comme une lettre d’adieu de 75 minutes ? C’est très exactement ce vertige — entre objet clinique et objet théâtral, entre symptôme et forme — qui nous requiert de l’ouvrir ensemble.
La mise en scène. Jacques Osinski, qui avait déjà bouleversé la scène avec Sandrine Bonnaire dans L’Amante anglaise, retrouve la comédienne pour s’emparer de ce texte ultime de Kane, dans une nouvelle traduction de Vanasay Khamphommala. Sandrine Bonnaire y est seule en scène, face à la voix et à la présence à l’écran de Frédéric Leidgens — un dispositif scénographique et vidéo signé Yann Chapotel, dans les lumières de Catherine Verheyde.
Informations pratiques
Théâtre de l’Atelier, 1 Place Charles Dullin, 75018 Paris — du 24 septembre au 15 novembre 2026, du jeudi au samedi à 19h, le dimanche à 15h. Durée : 1h20.
Le Bord Plateau L’Autre Scène (.org) Rendez-vous le samedi 26 septembre, à l’issue de la représentation de 19h, pour un échange autour de ce texte-limite : ce qu’il fait au théâtre, ce qu’il dit de la dépression, de la clinique du suicide, et de ce que peut — ou ne peut pas — la scène face à une parole qui s’écrit depuis le bord même de la vie.
Le psychanalyste Alain Vanier (Espace Analytique) sera notre discutant pour cette soirée. Le metteur en scène Jacques Osinski et la comédienne Sandrine Bonnaire se joindront également à l’échange.
Inscription et tarif préférentiel : pour cette soirée, les places en catégorie 1 (45€) sont accessibles au tarif de la catégorie 2 (35€) — dans la limite des places réservées pour notre groupe. Merci de vous inscrire rapidement à partir du formulaire ci-dessous pour bénéficier de ce tarif.
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