Un Espoir : l’adoption comme brasier intime porté par Sandrine Seubille et Jenny Tréhoux et Christine Gagnepain

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Votre passé vous appartient-il… ou est-ce vous qui appartenez à votre passé ? Une pièce sur notre relation la plus sacrée — celle que nous avons avec notre mère.

Un Espoir ne raconte pas une adoption : elle en dissèque le triangle. La mère biologique, la mère adoptive, et l’enfant tiraillé entre les deux — non pas comme un objet qu’on se dispute, mais comme un sujet qui doit, seul, faire sens de sa propre origine dédoublée. Diana Iliescu met en scène ce trio avec une économie de moyens qui laisse toute la place au texte et aux corps : rien ne vient distraire du seul véritable enjeu de la pièce, celui de savoir à qui, et à quoi, on appartient quand on vient de deux ventres et de deux histoires.

Le sujet est incandescent, et rarement traité de ce point de vue précis. De la Seconde Guerre mondiale à la révolution sexuelle, la société a longtemps imposé l’adoption aux enfants nés hors mariage, au nom d’un bien de l’enfant  que la pièce prend soin de ne jamais tenir pour acquis. Là où le cinéma et le documentaire ont surtout raconté l’adoption intercontinentale — de Lion, l’un des rares films grand public à aborder cette pratique aujourd’hui en net recul, au documentaire d’Amandine Gay Une histoire à soi (2021), qui donne la parole à des adultes adoptés à l’international sur leur quête d’origine — Un Espoir choisit le point de vue de l’enfant lui-même, au moment de sa sortie de la puberté, pris dans la psyché plutôt que dans la géographie.

La géographie car elle est un trou dans le symbolique de tout enfant adopté, de toute mère adoptante, apparait toutefois sous forme de la figure de la harpie. Le voyage reste mystérieux, choquant parfois, cruel souvent, et d’une tendresse inattendue.

Dans sa note d’intention, l’autrice y explique sa démarche : la pièce explore l’adoption à travers trois figures féminines en refusant délibérément le scénario lisse habituellement associé à ces récits (retrouvailles heureuses, gratitude univoque, parents parfaits). Elle pose plutôt la question de la mère « imparfaite » : il n’existe pas de mère parfaite, seulement des femmes qui ont des enfants, et les relations les plus riches sont souvent les plus exigeantes.

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David Rofé-Sarfati est psychanalyste (Association Lacanienne Internationale, Espace Analytique) et fondateur de L’Autre Scène. Dans sa clinique, il reçoit à Paris 17e et développe une réflexion originale sur la psychanalyse du comédien et s’est spécialisé dans les enjeux psychiques de la PMA.