Nos serments, de Guy-Patrick Sainderichin et Julie Duclos.

Nos serments, de Guy-Patrick Sainderichin et Julie Duclos, d’après La Maman et la Putain, de Jean Eustache. Mise en scène : Julie Duclos.
nossermentsminiUn jeune homme vit avec une femme et en rencontre une autre, il a aussi son amour d’avant, d’avant sa vie d adulte, du moins d’après l’adolescence, mais a-t-il vraiment quitté l adolescence. Il y a aussi le meilleur ami confident presque privilégié, car le seul confident celui pour lequel notre jeune homme, écrivain,  vit et rend compte est son écriture, son œuvre littéraire. Rien de plus basique et banal que cette situation où un homme  vit avec une femme et tombe amoureux d’une autre. Ils tentent toutefois de vivre cette rencontre dune manière différente plus pacifique, moins hystérique. Sans jalousie.

Et  cette expérience ne produit rien, sauf l’expérience elle même, celle dont la pièce rend compte, celle dont le livre de cet écrivain rendra compte.

Le tribut au film La Maman et la Putain est payé par des séquences filmées projetées sur un écran; très bien filmées, à la façon des années 70, elles utilisent le travelling sur des personnages en mouvements, qui marchent qui courent. Et le désenchantement est le même, à quarante ans d’écart. Et ça parle, ça discute çà dialogue sans vraiment élaborer. Ça raconte. Une journaliste pose des questions sur le déroulé des événements, sans affect, sans après coup.

Et l’engagement-désengagement amoureux conduit à l’ennui, à ce que les personnages discutent plus qu’ils ne vivent. L’écrivain aura un enfant, ne le reconnaîtra pas. photo

On pense à ces analysants mélancoliques plus dans le verbe que dans l action, plus dans le récit que dans la vivance. Nos personnages sont ils seulement mélancoliques? Ou peut être victimes d’une légèreté infantile adossée à cette euphorie post-68 de ce film  réinterprété et réactualisé par Julie Duclos, sans aucun jugement.

Sinon, une direction d’acteurs aboutie et un rythme soutenant. Et un jeu des acteurs savoureux entre actuel  et distanciation, entre  mauvaise foi et nonchalance, bravo à  Maella Gentil, David Houri, Yahan Lopez,  Magadlena malina et Alix Riemer. Et à Vanessa Larré parfaite, (comme d’habitude!) dans la scène filmée de l’interview du journaliste.

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