« Les Chatouilles » au Petit Montparnasse

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C’est l’histoire de la vie d’Odette, une jeune fille blessée qui va trouver dans la danse un refuge et l’expression blanche d’une colère légitime.

Odette enfant a été violée. Ces parents n’ont rien vu. Encore aujourd’hui ils n’ont rien accepté, intégré. Le procès a eu lieu. Odette s’est battue seule pour s’insérer dans la communauté des vivants. La pièce est construite comme une séance de psychanalyse, une de ces premières séances où l’on parle sans affect et déroule sa bio, simplement, sans émotion, sans introspection, sans analyse, une bio qui n’est pas encore devenu une anamnèse, l’objet de la cure psychanalytique.

La colère de cette jeune fille violée passe par le corps, car que cherche à sauver une femme violée si ce n’est son corps. Andrea Bescond a traversé l’épreuve, a su y survivre, elle a récupéré par la danse un corps abusé. Elle nous rend compte de son chemin par une performance incroyable et par du splendide mais aussi du pathétique car ce corps qui danse a en son sein la blessure que la danse cherche à recouvrir.

Nous sommes laissés à l’endroit où le corps est réapproprié, réinvesti; viendra plus tard le temps de l’élaboration et de la réflexion. La pièce n’a de l’esprit que par ce manque là justement, celui de d’esprit.

On rira de la bêtise rance de la prof de danse qui croit deviner dans la mélancolie d’Odette une enfant cachée, une enfant de la shoah, souillant dans un même mouvement, et le viol et la shoah. Odette devient un objet, au milieu des six millions. On rira du gendarme tout à sa joie d’avoir enfin une victime du violeur présumé, Odette devient un objet, une pièce à conviction. On rira de l’aveuglement de la mère et du père. Odette devient un objet de nos propres peurs, d’enfant et de parent.

L’ensemble de la pièce tient sur cette proposition intéressante que l’on peut parler du trauma sans jamais l’évaluer, que le seul énoncé des faits crée événement émotionnel et spirituel. La pièce tient aussi par la remarquable performance de cette artiste généreuse. Artiste à suivre donc.

Crédit Photos : Karine Letellier


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David Rofé-Sarfati est psychanalyste (Association Lacanienne Internationale, Espace Analytique) et fondateur de L’Autre Scène. Dans sa clinique, il reçoit à Paris 17e et développe une réflexion originale sur la psychanalyse du comédien et s’est spécialisé dans les enjeux psychiques de la PMA.

Une réponse à « « Les Chatouilles » au Petit Montparnasse »

  1. Les chatouilles, restent le spectacle le plus abouti que j’ai vu…

Je réagis, je laisse un commentaire

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