TRAHISONS DE PINTER DIMANCHE 10 SEPTEMBRE 18H00 AU LUCERNAIRE

 

 

AFFICHE Trahisons

 

Tarif du Collectif 17 euro,  la réservation est sous forme d’une liste que nous remettons au théâtre la veille, les billets sont à retirer et à payer 20 minutes avant la représentation On réserve sur la home.

Avant Propos :

En 2005 Harold Pinter reçoit le Prix Nobel de Littérature pour l’ensemble de son œuvre, une œuvre principalement théâtrale. Pinter est né en 1930 au sein d’une famille juive d’origine russe dans un quartier très populaire de Londres. L’œuvre de Pinter est marquée, dès le début, par l’influence du théâtre de l’absurde et de Samuel Beckett et aussi par les luttes politiques marquées à gauche. Lorsqu’il reçoit son prix Nobel il est déjà très malade d’un cancer de l’œsophage et il enregistre sur vidéo une déclaration pour la remise du prix. Son discours concerne beaucoup la politique plus que la littérature. Toutefois il nous glisse un élément fondamental de sa pensée. Au théâtre, écrit-il, il n’y a pas de distinctions tranchées entre ce qui est réel et ce qui est irréel. En tant que citoyen bien sur je dois me demander toujours ce qui est vrai et ce qui est faux mais au théâtre la vérité, d’une certaine facon on s’en fiche car elle est à jamais insaisissable. Une chose peut-être tout à la fois vraie et fausse.
La seule vérité écrit-il c’est qu’il n’y a jamais en art dramatique une et une seule vérité à découvrir ; il y a en beaucoup
Le théâtre se constitue de cela. Il nous donne à découvrir des vérités plurielles diverses et souvent antagonistes. Je vous parle de tout cela parce que Pinter vient d’être monté au Lucernaire par Christophe Gand dans une de ses plus célèbres pièces : Trahisons. Et que la pièce est géniale.
Trahisons avec un S c’est l’histoire d’un trio. Deux amis d’enfance et la femme de l’un des deux. Jerry Robert et Emma.
Emma est la femme de Robert le plus vieil ami de Jerry, elle est aussi la maîtresse de Jerry. La pièce commence ainsi : Deux ans après leur séparation Jerry et Emma les deux amants se retrouvent pour prendre un verre pour discuter; aujourd’hui Emma se sépare de Robert son mari. Les scènes se succèdent à rebours-du-temps pour atteindre le jour de la première rencontre, le jour où Jerry l’ami de Robert et celui qui fut témoin à son mariage déclare sa flamme à Emma, la femme de Robert. Et Emma consent. Tout a commencé ainsi, un moment drapeau de trois vies. L’histoire traverse le temps en plantant d’autres drapeaux et à chaque fois le mensonge, à chaque fois les faux semblants. A chaque fois il y plusieurs vérités.
On parle d’amour. L’amour c’est toujours ambigu c’est toujours changeant. Ça se doit d’être toujours changeant. Sans l’ambivalence et sans cette perpétuelle mutation les histoires d’amour ça tient pas ça s’use ça dépérit. La pièce parle de cela.
La pièce parle aussi évidemment de Trahison avec un S car les trahisons entre les personnages s’accumulent s’additionnent. Tout le monde ment.
Il y a aussi une trahison cachée qui est une trahison fondamentale, celle que chacun subit de lui-même et par lui-même. Chacun des trois personnages renonce à son idéal en se trahissant lui-même, et tout cela ils le font avec un minimum d’émotion. Toute en retenue. La pièce est poignante et sombre et magnifiquement bien jouée et puis Christophe Gand le metteur en scène a pris le parti de la placer dans les années 60 comme lors de sa création les années de l’émancipation de la femme. A ce titre le personnage de Emma est très intéressant. On voit la lente évolution d’une femme qui se marie qui prend un amant qui découvre lentement qu’elle peut vivre pour elle-même et qui va quitter son amant puis son mari. Elle illustre cette génération de femmes qui parfois pour vivre librement a dû renverser la table. (David Rofé-Sarfati)

Chronique sur Toutelaculture.com :

Le prix Nobel de Littérature n’a pas fini d’inspirer le théâtre avec ce texte entre l’univers du vaudeville et celui de Beckett. Souvent Trahisons ce classique du théâtre contemporain n’est que l’occasion d’adaptations tièdes ou convenues. Au Lucernaire la bonne surprise est plurielle.

LA SOIREE LES 3

Deux anciens amants Jerry et Emma se retrouvent deux ans après leur séparation. Elle est la femme de Robert le plus vieil ami de Jerry dont elle se sépare aujourd’hui. De scènes en scènes nous allons cheminer à rebours du temps pour atteindre le jour de leur première rencontre, le jour où Jerry, l’ami de Robert, celui qui fut témoin à son mariage, déclare sa flamme à Emma. ET où Emma accepte. Tout a commencé ainsi , moment drapeau de ces trois vies et première balise. Le texte de Pinter traverse le temps en posant d’autres balises. A chaque fois sont dépliés les trahisons les mensonges les lâchetés et les faux semblants. A chaque fois les êtres sans jamais courber l’échine sont broyés par l’amour et son dépit, par le temps qui passe et sa cruauté.
Les trois acteurs sont justes et respectueux avec leur personnage et avec le texte. Il y a un vrai plaisir à voir jouer ce trio. Le biais de Christophe Gand abandonne la dimension érotique ou du moins s’en éloigne; il échappe à la seule tragique partie carrée et remet chaque personnage dans son égoïsme, dans sa demande d’amour et son quant-a soit, dans sa solitude. La tragédie est devant nous et à chaque étape un drapeau est planté avec douleur.
Gaêlle Billaut-Danno est une émouvante et vibrante amoureuse. Elle incarne cette femme volontaire, optimiste mais non dupe, toujours un peu déçue et toujours un peu rêveuse. Francois Feroleto réussit à faire vivre ce mari cocu, rigide et incassable, sensible mais sans sensiblerie, tout en retenue; la pièce de Pinter est un vaudeville sans Scènes de Ménages. Yannick Laurent soutient avec maîtrise le talent de ses partenaires et défend brillamment un personnage léger et attachant
Et puis il y a Vincent Arfa. Christophe Gand a décidé de trahir un peu le texte où classiquement le spectateur comprend en cours de représentation que les scènes sont montées à rebours. Ici un afficheur date chaque scène. Hors la grande qualité de l’interprétation ce motif de mise en scène signe définitivement une grande pièce, poignante, qu’il ne faut pas rater. A chaque changement de plateau, un petit génie du temps vient installer le décor et manipuler l’afficheur. Ce petit diable (Vincent Arfa) est souvent moqueur et la dimension beckettienne de la pièce apparaît. Le trio est attrapé par la tragédie première de chacun, au delà de la demande d’amour, de fortune ou de plaisir, au delà des égoïsmes et des quant à soit, au delà des quelques drapeaux que la vie plante et qui souvent la résument et la réduisent, le temps se replie sur chacun d’eux et sur leur solitude. Ils sont sur terre et c’est sans remède dirait Beckett. (David Rofé-Sarfati)
Une très belle proposition au Lucernaire, direction Benoit Lavigne, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, du 23 Août au 8 Octobre du mardi au samedi à 21H00, dimanche à 18H00, Durée 1H20.

 

 

Infos Pratiques :

Théâtre du Lucernaire, lieu d’art et d’essai, programmation unique de théâtre, cinéma et photographie, plus un restaurant sur place.
Adresse : 53 Rue Notre Dame des Champs, 75006 Paris
Téléphone : 01 45 44 57 34

 

 

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