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Newsletter Mars 2022

Exceptionnellement pas de bord de scène en Mars. Plus exceptionnel encore nous programmons

Dimanche 10 Avril 16H00 au Trois Luxembourg,

en partenariat avec le collectif Cinépsy,

le film de Nurith Aviv

Des mots qui restent.

Je recevrai comme discutant Pascal Laethier, psychanalyste, réalisateur et Magali Taieb-Cohen, psychanalyste.

 

 

Près de vingt ans après D’une langue à l’autre, Nurith Aviv tente à nouveau d »interroger ce que l’on appelle la langue maternelle. Une fois encore s’entrechoquent tradition,  transmission et donc perte. 

Première femme directrice de la photographie en France reconnue par le CNC, Nurith Aviv a fait l’image d’une centaine de films entre autres pour Agnès Varda, Amos Gitaï, René Allio ou Jacques Doillon. Elle a réalisé une quinzaine de films documentaires,  notamment sur les questions de la langue son terrain de recherche personnel et cinématographique.

Travail de mémoire et de transmission

Dans Des mots qui restent, six personnes évoquent le souvenir des langues qui ont bercé leur enfance, des parlers judéo-espagnols ou judéo-arabes ou  judéo-persan. Très différentes les unes des autres, ces langues ont toutes une composante hébraïque, et surtout un trait commun : elles ont été écrites en lettres hébraïques. Lettres qui, au fil du temps, ont peu à peu perdu leur usage et leur force. Aujourd’hui, ces langues elles-mêmes sont en train de s’éteindre. Mais la résonance des mots, les mélodies, les rythmes, les accents ont laissé des traces qui continuent à œuvrer chez celles et ceux qui, enfant, les ont entendues.

L’humour de Nurith Aviv

Six témoins, héritiers de lambeaux lexicaux survivants d’une langue utilisé par leurs parents, clament ces mots qui ont résisté à l’extension des langues et des communautés chassées de Salonique, du Maroc, d’Algerie de Libye ou d’Iran.  Implantés ailleurs, leurs parents ont transmis, souvent malgré eux des vocables, des périphrases, des accents ou des cantillations. Enfermés dans ces mots réside une histoire de famille, une histoire du monde. Une vision de la vie.

Ces témoins racontent, sourire aux lèvres, leur attachement infantile à ces mots entendus chez leur mère, à ces mots qui ont traversé en son temps leur corps d’enfant alors que ce qui est advenu leur a donné une langue maternelle qui n’est pas la langue de leur mère.  Avec l’humour d’auto dérision que l’on connaît à Nurith Aviv, chaque mot est claironné avec gourmandise puis associé à de vieilles photos en noir et blanc.  La gloire de ces reliques inestimables se veut arrogante alors qu’elle s’entremêle au deuil.

 

 

Des mots qui restent, Nurith Aviv , sortie le 9 mars