Avignon OFF : Le songe d’une nuit d’été par la Compagnie Point Zéro : chef d’oeuvre !

Dans la grande salle du 11, la Compagnie belge Point Zéro s’empare de la plus onirique des pièces de Shakespeare. Elle honore son foisonnement et ses débordements en un spectacle d’hybridation entre comédiens et marionnettes haut en couleur et en émotion. 

Le songe est une comédie

La pièce est une comédie qui commence comme un Molière, on pense à l’Avare ou Tartuffe. Thésée, le duc d’Athènes, impose à sa fille d’épouser un homme alors qu’elle en est amoureuse d’un autre. Le père dans le même moment organise ses propres noces. La fille décide de fuir dans la forêt avec son amant. L’amant est aimé par une autre femme moins belle. Celle-ci, aimée par un autre, dénoncera la fuite des deux amants. Au même moment, dans la même forêt, une jeune équipe d’artisans illettrés répète une pièce qui doit être jouée lors du mariage du Duc. Parallèlement, un couple d’elfes se querelle cependant qu’ils  tenteront d’adoucir les disputes conjugales et de réparer les appariements à l’aide d’un philtre d’amour et aidé par le bouillonnant Puk.

Le songe est un enchantement

On l’aura compris, le songe d’une nuit d’été est un conte onirique et fantastique sur l’amour et ses déconvenues. La pièce est un empilement de scènes cocasses et aussi un enchâssement de deux pièces dans une mise en abyme du théâtre.  Jean-Michel d’Hoop, le metteur en scène s’empare de l’intrigue et de dispositif pour raconter un monde dominé par les forces de l’imagination. La libération des pulsions de l’inconscient permet de s’échapper, le temps d’une nuit, à tout contrôle social, à la censure et aux interdits, s’opposant de fait à la loi machiste de la Cour d’Athènes. Dans ce bois magique, les amoureux s’aventurent dans l’exploration des identités de genre, fluide où masculin et féminin se confondent ou s’échangent de manière ludique et décomplexée.

Et, c’est une fête foisonnante. 

Et, c’est la fête, car les comédiens sont tous beaux et tous extraordinaires. Ils manipulent les marionnettes autant qu’ils jouent pour et avec elles. Nous sommes sans cesse désorientés, secoués d’émerveillement. Et, la joie ne nous quitte pas. Ce songe est inoubliable puisque au-delà du spectacle et de chaque tableau fantastique, on retrouve la fable à tiroir Shakespearienne. C’est précieux.

Le public applaudit à tout rompre. 

Le Songe d’une nuit d’été
William Shakespeare / Jean-Michel d’Hoop du 7 – 26 JUILLET à 22h10
Relâches les jeudis 13 et 20 juillet

Durée • 1h40

Visuel Affiche 

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