Anne Bouvier dissèque sous la forme d’une enquête policière rondement menée les relations incestuelles entre la presse et le politique. Réalité fascinante.


Jusqu’où peut-on manipuler la vérité ?

Edmond, le directeur d’un journal d’investigation, s’apprête à publier pour sauver son journal au bord de la faillite des révélations artificiellement exagérées sur Jacques Flamm, un ministre ambitieux.  Il charge son journaliste vedette et associé d’écrire les vingt lignes qui sauront détruire définitivement la carrière du politicien. Alors que l’article est en cours de publication, il apprend que sa fille Apolline vient d’être arrêtée pour trafic de drogue à Jakarta.  Seul Jacques Flamm semble être en mesure de l’arracher aux griffes du système judiciaire indonésien.  

Bruno Putzulu défend avec finesse ce personnage à la plenel faussement vertueux et cynique. Tandis que Bruno Debrandt incarne celui qui se compromettra par amitié pour écrire le papier délétère. Le duo de comédiens est magique.

Un thriller haletant aussi dangereux qu’inavouable. 

Le dilemme accouchera d’une autre tragédie que l’on ne divulgâchera et qui rendra le thriller plus intense, la tension plus insupportable. Et la situation à jamais inavouable.

Il fallait une metteuse en scène talentueuse pour saisir cette intrigue policière et la voir s’approprier par la troupe.

Debrandt lance la pièce par la salle ; il débarque téléphone à l’oreille ; l’aventure est lancée ; elle ne nous quittera pas jusqu’aux saluts. Anne Bouvier maîtrise son geste. Le rythme est soutenu ; la pièce haletante est parsemée de moments de grâce.

Bernard Malaka en ministre jonglant avec le monde des affaires, les complots, le terrorisme et les mensonges et intrigues de palais est simplement génial.

La pièce est noire et belle.

La plume théâtrale d’Anne Bouvier est un bonheur. Elle déplie par le truchement de comédiens formidables les paradoxes de l’âme humaine. À ne pas rater.


Texte d’Antoine Beauquier

Mise en scène d’Anne Bouvier

Avec Bruno PutzuluBruno Debrandt, Bernard MalakaCarolina Jurczak et Olivier Claverie 

Assistant mise en scène : César Duminil
Décor : Citronelle Dufay
Lumière : Denis Koransky
Costumes : Claire Schwartz
Musique : Julien Vasnier

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