Car l’antisémitisme explose au sein d’une partie des Français qui l’escamote, ajoutant à l’insulte le mot de résiduel, le Birgit ensemble invente à son habitude un spectacle qui colle à l’actualité. Le collectif se saisit d’un épisode terrible de l’histoire de France : la déportation des Juifs par l’administration judiciaire et policière française en les années 40.
Sous l’occupation, entre 1941 et 1943, des centaines de lettres ont été envoyées par des familles juives aux autorités de Vichy pour obtenir des nouvelles de proches disparus ou échapper aux persécutions.

Dans un mouvement pathétique, des juifs avec une politesse servile et un optimisme gauche écrivaient au maréchal Pétain des suppliques sous forme d’un ultime et vain recours avant Auschwitz.
Découvrant, grâce à l’historien Laurent Joly, ce matériau documentaire exceptionnel sur les drames de la Shoah en France, Julie Bertin et Jade Herbulot ont choisi de transposer six de ces lettres qui révèlent l’imaginaire de victimes qui ont cru en l’État français.

Une scéno efficace : Quatre comédiens, un large plateau installé dans un dispositif en bifrontal entouré d’un reliquaire multiple sous sacs plastiques. Et les lettres, bouleversantes. Une scèno qui est un écrin de beauté pour ces lambeaux de vies.

Chaque lettre redonne vie et dignité à des destins brisés. En tissant archives et fiction, dialogues et gestes dansés, les comédiens formidables nous partagent l’intime de l’horreur. La pièce birgitienne se constitue comme une modeste, mais indispensable antidote à tous les discours de haine actuels.
À ne pas rater.
Les suppliques
avec Salomé Ayache, Marie Bunel, Pascal Cesari, Vincent Winterhalter et les voix de Bénédicte Cerutti et Éric Charon conseil historique Laurent Joly enquêtes généalogiques Aude Vassallo


Laisser un commentaire