Le spectacle Coupables d’amour, présenté au Théâtre de la Reine Blanche, déploie avec justesse et authenticité une exploration saisissante de la violence intra-familiale. Sur scène, la rencontre subtile entre l’imaginaire et la réalité prend corps dans un univers épuré : le son d’une prison, des portes, une lumière tamisée, tout concourt à créer une atmosphère à la fois minimaliste et oppressante.
La mise en scène sublime la puissance des mots et du jeu. Trois comédiennes investissent tour à tour des rôles aussi variés que touchants, incarnant à la fois victimes, responsables, puis avocates plaidant la cause de ces femmes brisées par leur passé ou leur environnement. Félicité Chaton brille particulièrement, passant avec aisance et confiance d’un personnage à l’autre, incarnant cette fluidité dramatique qui capte toute l’attention.
L’espace scénique, délimité par des bancs, des loupiotes dans la cellule, et un simple habit d’audience, évoque avec justesse la proximité de la prison et du tribunal, deux lieux où la vérité et la justice se confrontent. La scène devient un véritable champ de bataille émotionnel, où la force des mots, les coups de poing verbaux, et la volonté d’arrêter la violence résonnent sans relâche.
L’histoire narre la complexité des motifs derrière le meurtre : un amour défiguré, des relations cruelles avec le mari, le père ou le compagnon, la lutte entre défense et protection, ou le refus d’obéir à une fatalité. La pièce questionne avec acuité la frontière ténue entre amour et haine, jusque dans le geste ultime, celui du meurtre comme acte de libération, de révolte ou de désespoir. La cruauté du texte, presque dénué d’affect, aiguise une tension insoutenable, tenue par la justesse des interprètes.
Dans cette œuvre, la prison devient un lieu d’amitié, de solidarité, de reconstruction, où la scène reflète ces « femmes en guerre » face à leur destin. Un spectacle puissant, porté par la force collective de ces trois comédiennes, dont l’incarnation est autant un exutoire qu’un cri primal contre l’injustice.
Librement inspiré de Crimes de Femmes de Anne Sophie Martin et Brigitte Vital Durand
Texte Nathalie Kanoui
Mise en scène Anne Le Guernec
Avec Josette Stein, Félicité Chaton, Nathalie Kanoui Musique originale et réalisation sonore Frédéric Prados Lumières Clara Pacotte
Avec les voix de Frédéric Jessua et Thierry Bosc Assistante à la mise en scène Mona Martin -Terrones
Production La Compagnie Céleste Durée 1h20
Lieux, Dates et Réservations :
Lieu : Théâtre de la Reine Blanche, 2bis passage ruelle,75019 Paris
Dates : du 8 au 29 novembre 2025
Réservations : www.reineblanche.com/reservation


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