Du 3 au 25 juillet à 20h55 (relâche les dimanches) — Théâtre Artéphile, 7 rue Bourgneuf, Avignon
Dans la loge d’un cabaret, une diva sur le point de tirer sa révérence et une avocate rongée par le manque de désir se confrontent, se transmettent, se réparent. Un huis clos flamboyant et bouleversant, signé Manon Viel.
La pièce
La Drag Queen Sissi Von Vart vient de terminer sa performance musicale. Une spectatrice bouleversée entre dans sa loge. Ce huis clos ouvre une fenêtre sur deux existences enfermées dans leurs rôles : une diva flamboyante sur le point de tirer sa révérence, une avocate rongée par le manque de désir et d’évasion. S’engage alors en miroir un rapport de transmission, de réconciliation avec soi et avec l’autre : Sissi prône l’importance vitale de la joie, de l’exubérance, de l’inconséquence, et rappelle à Constance qu’on lui « a donné un cul en plus d’une tête » ; à l’inverse, la jeune femme pousse — malgré elle — la créature à renouer avec le drame qui se cache sous les paillettes.
Un homme, Sissi, drag queen artiste de cabaret, et elle, Constance, plus jeune et ignorante de l’extravagance du lieu, se rencontrent dans l’off — la loge de l’artiste — et se confrontent à la réalité. Brillante mise en scène d’une vie de cabaret, ce huis clos où les costumes brillent laisse peu à peu surgir la vie d’avant : celle d’une famille.
Embarqué dans son jeu d’artiste, Sissi honore la vie, met au jour les empêchements de jouir — « on lui a donné un cul en plus d’une tête ». Inventer sa vie. Avec une grande finesse, les références du cabaret laissent place à celles du passé et des engagements non tenus.
Entre apparences et profondeurs d’histoires qui dépassent les personnages se disent les silences d’avant. L’extravagance de l’une et la grande réserve de l’autre — désir de vie masqué — se répondent : le spectacle cache et transforme les blessures anciennes. Danser, chanter, admirer les chanteurs populaires : autant de signes d’une légèreté de vivre, pour mieux camoufler la difficulté d’adopter un cadre conventionnel.
Drôle, Sissi initie cette jeune femme, la nomme, l’aide à s’émanciper de son corps étriqué. Vivre pour vivre, vivre pour mourir — les histoires profondes ne sont jamais très loin : s’accompagner jusqu’au bout de la finitude humaine.
Duo de comédiens au plus près d’histoires renouvelées comme une revanche sur la vie. Les vies se rejoignent par contagion ; l’un transmet à l’autre une joie de vivre retrouvée. Un spectacle joyeux, où les corps exultent cette joie reconquise.
Sissi Vonvart Avec Manon Viel et Laurent Viel — Texte de Manon Viel



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