En 1855, Victor Hugo débarque en exil sur l’île de Guernesey, en deuil de sa fille Léopoldine. Ce spectacle musical, porté par des voix lyriques et une mise en scène pleine d’invention, restitue l’intimité d’un géant confronté à la petitesse insulaire — et la genèse des Misérables.
Magnifique plaisir que ce spectacle à la rencontre de Victor Hugo en exil sur l’île de Guernesey (1855). Un géant sur cette île anglo-normande si petite : nous allons à la rencontre d’un homme politique soucieux des injustices avec des insulaires.
Les voix lyriques éclairent ce séjour forcé, loin de Paris — quinze années d’exil —, endeuillé par la mort de sa fille Léopoldine, noyée tout juste mariée. Joyeuses scènes de musique (violon et guitare) et de mouvements dansés : nous plongeons dans une part de l’intimité de Victor Hugo, portés par une mise en scène inventive où l’amitié est de mise.
Chaque scène — le port, la taverne, le salon — existe par les toiles qui créent les espaces. Nous voici associés à ce voyage dans le temps et l’espace, en immersion dans les lieux fréquentés par Victor Hugo, devenus familiers.
L’univers de Victor Hugo
Nous retrouvons un Hugo soucieux de l’instruction des enfants, nous retrouvons aussi le théâtre convoqué par la mise en scène de Jean Valjean, précédée de Notre-Dame de Paris et de ses personnages bien connus, Esméralda et Quasimodo.
Très grand moment de théâtre, les chants (Le Monde pour Notre-Dame, De l’exil à la liberté…) illuminent ce récit vivant, portent la promesse d’une écriture — Les Misérables rédigés sur place — et d’une poésie en quête de liberté, au-delà de l’exil forcé.
Le talent d’Estelle Andréa
On retrouve ici la patte d’Estelle Andréa, chanteuse, instrumentiste, compositrice et comédienne présente dans le théâtre musical depuis une vingtaine d’années. Formée à la musique dès l’adolescence — solfège, chant choral, puis flûte traversière — elle bascule vers le théâtre au conservatoire, où sa rencontre avec Magali Paliès puis avec William Mesguich, qui lui confie des rôles dans Noces de sang et Les Fables de La Fontaine, oriente durablement son parcours.
Son talent s’était dernièrement révélé à nous dans sa collaboration artistique avec William Mesguich sur Dans les forêts de Sibérie d’après Sylvain Tesson : elle avait su y insuffler, au plus près du texte, l’esprit de solitude et de dépouillement cher à l’écrivain-aventurier. On retrouve dans ce nouvelle proposition la même exigence à faire vivre la lettre d’un auteur sans jamais trahir son souffle.
Bravo !
Distribution : Estelle Andrea et Magali Paliès (mise en scène et interprétation), avec Oscar Clark et Julien Clément (en alternance avec Pierre-Michel Dudan), texte d’Estelle Andrea, Cie Coïncidences Vocales | Infos pratiques : du 4 au 25 juillet (relâche les 9, 16, 23), 14h35, 1h15, Présence Pasteur – Salle Pasteur, 22€ plein / 15€ abonné·e — Réserver



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