Dans un hôtel particulier du triangle d’or parisien, deux femmes — l’une recluse, l’autre à son service — se retrouvent prises dans la même attente. Hélène Rosselet-Ruiz signe un huis clos où le pouvoir masculin n’a besoin d’aucune violence visible pour tout organiser. « Hélène Rosselet-Ruiz,« Le triangle d’or » 2026, 1h30 — avec Malou Khebizi, Soundos Mosbah, Ziad Bakri
Il y a des huis clos qui enferment un couple, une famille, un secret. Celui d’Hélène Rosselet-Ruiz enferme un système — et c’est en cela que Le Triangle d’or dépasse largement son sujet apparent. Laura (Malou Khebizi), jeune femme de banlieue populaire, entre au service de Souria, maîtresse recluse d’un prince saoudien dans un hôtel particulier du très chic 8e arrondissement.
Souria n’est pas exactement une maîtresse elle est la deuxième femme secrète et esclavagisee d’un riche saoudien dont le père de la première femme s’oppose à un mariage avec Souria. Vu d’ici, le film ressemble plus à un film de science fiction ou à une dystopie cependant que, et cela participe à notre effroi, l’intrigue est inspirée de faits réels et a lieu en plein Paris bourgeois, dans le triangle d’or.
Le film ne quitte quasiment jamais cette maison labyrinthique, et c’est précisément ce resserrement de l’espace qui donne au patriarcat d’une autre époque d’une autre planète qu’il dépeint sa texture la plus juste : non pas une brutalité spectaculaire, mais une pression continue, une centrifugeuse qui aspire tout ce qui l’approche.
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