Marina Vlady est morte : hommage à l’actrice, du théâtre au cinéma (1938-2026)

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L’actrice Marina Vlady est morte jeudi 24 septembre 2026, à l’âge de 88 ans, chez elle, entourée de ses proches, a annoncé sa famille à l’AFP. Fille d’émigrés russes qui avaient fui le communisme après la révolution de 1917, prix d’interprétation à Cannes en 1963, elle laisse plus de quatre-vingts films, mais aussi une longue carrière au théâtre, de Robert Hossein à Tchekhov, des Bouffes du Nord au Théâtre 14.

Née Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff le 10 mai 1938 à Clichy, Marina Vlady a traversé plus de soixante-dix ans de scènes et d’écrans. Retour sur une vie d’artiste marquée par l’exil russe de ses parents.

Des parents russes qui ont fui le communisme

Ses parents étaient des Russes blancs, partis de Russie après la révolution de 1917 et l’arrivée des bolcheviks au pouvoir. Son père, Vladimir, était chanteur d’opéra, sa mère, Militza Envald, danseuse. Marina Vlady grandit entre musique, danse et scène, avec ses trois sœurs, elles aussi artistes : Olga Varen, Odile Versois et Hélène Vallier. Petit rat à l’Opéra de Paris, elle se tourne très vite vers le jeu.

Le cinéma : de l’adolescence à Cannes

Elle débute à l’écran à seize ans avec Avant le déluge, qui lui vaut le prix Suzanne Bianchetti. Suivent La Princesse de Clèves (1961), puis Le Lit conjugal de Marco Ferreri, qui lui donne le prix d’interprétation féminine à Cannes en 1963, et Deux ou trois choses que je sais d’elle de Jean-Luc Godard (1967). Elle tourne aussi avec Orson Welles dans Falstaff, puis avec Bertrand Tavernier, Chris Marker et Ettore Scola. Dans les années 1970, elle est l’un des visages des comédies populaires.

Sa carrière au théâtre

Le théâtre l’accompagne toute sa vie. Dès 1957, elle joue Vous qui nous jugez sous la direction de Robert Hossein, alors son mari, puis Jupiter aux Célestins, à Lyon. En 1966, elle est à l’affiche des Trois Sœurs de Tchekhov, mises en scène par André Barsacq au Théâtre de l’Atelier, avec ses propres sœurs. Tchekhov ne la quittera pas : elle joue aussi La Cerisaie, dans des mises en scène de Marcel Maréchal et de Georges Wilson, et intitulera Ma Cerisaie l’un de ses livres, en 2001.

On la voit aussi dans La Source bleue, mise en scène par Jean-Claude Brialy, dans Hamlet, mis en scène par François Marthouret, et dans Erendira et la grand-mère diabolique, mise en scène par Augusto Boal en 1983. À partir de 2006, elle joue Vladimir ou le vol arrêté, du titre de son livre sur Vyssotski, aux Bouffes du Nord, dans une mise en scène de Jean-Luc Tardieu. Plus tard viennent Les Dames du jeudi (Théâtre de l’Œuvre, 2010-2011, mise en scène de Christophe Lidon) et Le Cavalier seul (Théâtre 14, 2014, mise en scène de Marcel Maréchal).

Vyssotski, les livres, une vie entre deux pays

Marina Vlady épouse Robert Hossein, dont elle a deux fils, puis Jean-Claude Brouillet, dont elle a un fils, puis, en 1969, le poète et chanteur russe Vladimir Vyssotski. Elle s’installe alors à Moscou. Il meurt en 1980. Elle partage ensuite la vie du cancérologue Léon Schwartzenberg jusqu’en 2003. Elle a écrit une dizaine de livres, dont Vladimir ou le vol arrêté (1987), Ma Cerisaie (2001) et 24 images/seconde (2005).

Française d’origine russe, Marina Vlady aura passé sa vie entre deux cultures, celle de l’exil de ses parents et celle du cinéma et du théâtre français.


MARINA VLADY (Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff) – Née le 10 mai 1938 à Clichy, morte le 24 septembre 2026 – Prix d’interprétation féminine, Festival de Cannes 1963 (Le Lit conjugal)


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