Lorsqu’une prof de Créteil inscrit ses élèves à un concours national d’Histoire, elle va ouvrir leurs esprits. Au point de changer leur vie. Les Héritiers, s’inspire de l’expérience vraie de ces cancres du Lycée Léon Blum de Créteil qui vont découvrir le sort des enfants juifs disparus pendant la Shoah. Ahmed Drame est l’un d’entre eux. Il aura poursuivi cette aventure en coécrivant le scénario du film avec la réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar (La première Etoile).
C’est un film sur le destin d’Ahmed Drame.
Le jeune homme semble pourtant prédestiné à l’échec, jusqu’à son patronyme. Il joue son propre rôle dans le film. «Quelqu’un comme Ahmed Drame prouve que le lycée sert à quelque chose et que les
jeunes ont vraiment soif de savoir», déclare Anne Anglès, l’enseignante, qui soutient passionnément le film. La rencontre entre Ahmed Drame et Anne Anglés, interprétée par une Ariane Ascaride lumineuse est une rencontre de passion portée et par la curiosité vigilante de l’élève et par l’enthousiasme de l’enseignante.
C’est un film sur la ‘banlieue’.
Sans angélisme ni caricature, le film colle à la réalité. De la prof enragée qui tire ses élèves vers le haut aux élèves tour à tour rebelles, énervants, sympathiques, attachants, déroutants, on retrouve une authenticité, force du film. Dans un collège réel et pluriel, loin des clichés, les élèves issus de 28 communautés différentes, sont tous animés d’une envie farouche de trouver leur voie.
C’est un film sur l’héritage.
Les juifs sont ataviquement attachés à l’héritage et à la transmission. Mais de qui hérite-t-on? Mécaniquement de son origine, mais pas seulement. Ces jeunes en déficit de repères, de racines et d’identifications robustes, vont hériter ici d’une autre histoire, d’autres gens, de ces enfants raflés et déportés. Sans les renier, en ajoutant leurs histoires à leur histoire personnelle, ces enfants de la shoah font écho à l’intime de ces collégiens d’aujourd’hui. Les identifications lentement acquises en conscience et entuilées sur les nôtres nous construisent. Les identifications de pacotille nous naufragent. Ainsi, cette scène magnifique où une élève devient une héritière de Simone Veil. Elle tombe en sidération, captivée devant le discours télévisé de Simone Veil, puis s’empare de son livre autobiographique. Elle héritera un peu de la jeune Simone des camps. La même élève, Mélanie, lors du discours devant l’académie, scène finale du film, parlera dans les mots du rescapé d’Auschwitz. Elle en a fait ses mots, son héritage. Dans une élaboration individuelle elle les incarne. Elle n’est plus la même. Et avec elle, chaque élève aura changé, effet de ce travail. La punchline du film énonce : En comprenant l’Histoire, ils vont forger la leur. Quant à Olivier, seul collégien auto exclu de l’aventure, nouveau converti à l’islam, il singe un Brahim peu crédible, car son identification est insincère, trop occupé à ne remplir qu’un vide.



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