WELT conception et mise en scène David Bursztein, au Lucernaire.

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David Bursztein, continue son chemin créatif avec une ballade chantée sur le monde perdu du yiddish land. Dans WELT, spectacle emporté par son équipe de « Life is not picnic »[1], il convoque un dibbouk ou plutôt trois.

Le choix rhétorique de Welt est que le dibbouk, l’âme du mort, ne vient pas nous visiter, pour interpeller nos manquements et pour présenter ses créances à la vie. Le dibbouk du défunt, chez Bursztein est invité par un  descendant qui cherche à se souvenir. Le premier dibbouk est le narrateur, en second est le dibbouk des personnages disparus que le narrateur a connus et au lointain le troisième dibbouk est celui de tous les autres, de tout le schtetl et des autres schtetls, et au-delà du monde entier. Ainsi, ce monde, ce Welt, n’aura pas posé son point final, n’aura posé qu’une virgule à une histoire que le dibbouk narrateur tient à notre disposition.

Le génie du récit est là, dans l’invention du dibbouk narrateur qui nous soulage de la dette symbolique aux parents, aux grands parents. Welt déborde le seul yiddish land et parle d’un universel. Dégrevés de la dette à raconter l’histoire perdue, nous profitons de notre place de spectateur, la place traditionnellement de l’enfant face à l’adulte conteur, dans un au-delà du schtetl. Durant une heure quarante d’une performance d’artistes surprenants, de violons, de contrebasse’ d’un fascinant orgue de barbarie et d’instruments du klezmer mal connus , axée autour d’un David Bursztein, quinquagénaire séduisant et charismatique, on rit sans limites, on rythme les chansons des mains dans une joie enfantine.

Une fois assis dans votre siège vous êtes saisis par la voix de David Bursztein et le monde de Welt.  Vous dégusterez toutes ces histoires juives magnifiquement contées et scénarisées par David Bursztein et son band.

Le spectacle est traversé par l’esprit du talmud, son pilpoul, son humour. Le Talmud c’est l’apologie de la virgule explique le dibbouk narrateur.

Pas de point final. Après le spectacle, les mots jouent encore dans nos têtes. De virgule en virgule.

[1] Acteur comédien depuis plus de 30 ans, il a joué à La Comédie-Française, l’Odéon, ou le Théâtre national populaire (TNP). Il a également joué dans des lieux prestigieux tels que Le Festival d’Avignon, le Théâtre de la Ville à Paris, à La Colline, le Théâtre de Chaillot, la MC 93 de Bobigny. Par ailleurs il a joué dans des films aux côtés d’acteurs français respectés tels que Maria Casarès , Michel Piccoli , Vincent Cassel , Emmanuelle Béart , Kristine Scott Thomas, pour n’en nommer que quelques-uns. En 1991, il est reconnu  pour son rôle important dans le film La Belle Noiseuse de Jacques Rivette , qui a reçu la Palme d’or au Festival de Cannes .

C’est aussi un musicien et un show man avec Life is not a picnic, son big band cosmopolite et polyglotte aux couleurs cuivrées. Regroupés depuis plus de 10 ans autour de David Bursztein, auteur, compositeur, chanteur, acteur, créateur d’univers à la fois festifs et mélancoliques, Life is not a picnic, est d’abord l’histoire d’un mélange. Venue du jazz, de la musique napolitaine, afrocubaine, ou de la comédie musicale, cette bande de musiciens, promène ses textes décalés entre rythmes latinos, grands standards américains, jazz chromé, mambo, salsa ou envolées tziganes… David  intervient très récemment dans le K- rio- K du mythique Rémy Kolpa Kopoul.

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