HOLDING LIAT — Brandon Kramer, documentaire, États-Unis, 2025, 1h34

Tenir la vie
Le 7 octobre 2023, Liat Beinin Atzili, institutrice, est enlevée avec son mari Aviv dans le kibboutz de Nir Oz. Brandon Kramer, parent éloigné, commence à filmer quelques semaines à peine après l’enlèvement, alors que le père de Liat part aux États-Unis plaider la cause des otages. Ce document sur la terreur et le deuil est aussi le portrait d’une famille qui pense, qui se déchire, qui tient.
Le dispositif est sobre, on n’est pas dans la reconstitution ni dans la démonstration, mais dans le présent d’une douleur qui cherche sa symbolisation.
Yehuda, le père de Liat, engagé à gauche, critique ouvertement Netanyahu et milite pour une réconciliation pacifique avec les Palestiniens. Liat libérée, son mari Aviv ne rentre pas vivant. Trois mois plus tard, dans un mémorial de la Shoah, elle parle des vies palestiniennes de « l’autre côté de la clôture ». Malaise de la symétrie des douleurs.
Cette clôture. Ce mur. Pour les Juifs, cette image a un nom. Elle a une mémoire. Le Hamas n’a pas inventé la doctrine de l’extermination; il en est l’héritier assumé, et le mur de Gaza porte, pour qui veut bien le voir, l’écho sinistre des ghettos d’Europe. Ce que les nazis avaient théorisé comme solution finale, le Hamas l’a inscrit dans sa charte comme programme.
Une espérance nécessaire et irréfragable.
Et, cependant, Holding Liat clame en conclusion : nous attendons dans l’espoir. Cette attente suppose un interlocuteur qui n’existe pas encore, des Palestiniens qui auraient renoncé à l’effacement d’Israël, qui auraient abandonné le terrorisme et qui accepteraient que la reconnaissance mutuelle soit le seul point de départ d’une histoire commune.
Si cette attente peut sembler naïve au regard de l’horreur du 7 octobre, une blessure que rien ne réparera, ni le temps, ni la diplomatie, ni aucune formule de paix signée un jour si lointain, elle est la seule forme sérieuse d’espoir.


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